Ça a chauffé et ce n’est pas fini


28/05/2009

Aujourd’hui, dure journée. Je ne sais comment cela va finir. Après le pique-nique revendicatif, les manifestants n’ont pas hésité à bloquer l’entrée du bâtiment. Ils s’étaient installés comme au camping, avec des petites tables, des nappes sur le sol, et il y avait de quoi faire des galettes saucisses. Ils ont mis une chaîne python sur les poignées avec un cadenas, des cannettes de bière vides, une bite d’amarrage pour bloquer la porte, et des grandes poubelles.

Nous sommes allés déjeuner, comme nous faisons avec nos collègues d’habitude, et en rentrant, nous avons dû passer par l’issue de secours. Au bout d’un moment, ils se sont rendus compte que nous rentrions par derrière car une collègue à fait signe à celle qui était dans le même bureau qu’elle de l’autre côté, et elle lui a donné une chaise pour rentrer par la fenêtre. Du coup ils avaient tout bloqué. Ils avaient déplié des banderoles tout autour afin de montrer qu’ils étaient là. Puis au bout d’un moment, ils se sont mis à chanter comme en 1968 des slogans du style « Ce n’est qu’un début, continuons le combat ! » ou «  nos RTT, on s’est battus pour les avoir on fera tout pour les garder, nos RTT ! », « tous ensemble, tous ensemble ouais ! » … Il ne manquait plus que le Roselyne, si tu savais, ta réforme où s’qu’on s’la met ? Aucu, aucu, aucune hésitation ! » . Cela me rappelait le slogan sur les manifs de Coluche et mes premières manifs. Ils commencent au début de la manif par « contre la répression et les manœuvres policières », puis finissent par A bas les boutons-pression, vive les fermetures éclair ! »

Puis ils ont fait un feu avec des pneus et des palettes où ils ont mis la circulaire. Ils ont lancé sur la porte de la D.G des œufs, de la farine, des bouteilles avec de l’encre noire, des seringues avec cette encre. En plus le bâtiment est un monument historique et les fenêtres sont assez anciennes. Nous avons cru qu’elles allaient céder tellement il faisait chaud.

Ce feu de joie était mené par des syndicalistes, surtout ceux de Sud. Certains n’ont pas inventé le fil à couper le beurre et comme il y avait FR3, ils ont mis la gomme. Nous avions peur que les vitres cèdent car le pavillon est monument historique et ce sont des fenêtres avec de petits carreaux et des stores vénitiens.

L’odeur des pneus en feu passait sous les interstices de la porte en verre qui n’est pas très étanche et me faisait tousser. Finalement nous avons eu l’autorisation de partir plus tôt car c’était irrespirable. La sécurité est venue pour éteindre le feu et nettoyer une partie des œufs et de la farine qui jonchaient le sol. Ils ont dit qu’ils recommenceraient tous les mardis et tous les jeudis jusqu’ à ce qu’ils obtiennent satisfaction ; mais le directeur a dit à la télé qu’il ne reviendrait pas sur sa décision. Ils ont dit qu’ils bloqueraient le métro pour que l’on en parle, et il est question qu’ils fassent d’autres choses spectaculaires. Il y a des personnes qui sont membres de Lutte Ouvrière et qui sont habitués à faire de l’agit prop’ et voudraient bien faire la révolution. Mardi de la semaine dernière, ils ont voulu parler avec le Directeur, mais au bout d’un moment ils l’ont insulté et la discussion n’a pu aller plus loin.

Mardi ils ont un peu discuté mais cela n’a rien donné non plus. Il y avait aussi le directeur adjoint.

Toujours est-il qu’ ‘aujourd’hui j’ai mal à la poitrine. Dieu merci vendredi de repos, si il avait fallu que je travaille cela aurait été impossible. Comme il y a la pentecôte, cela fera 4 jours, et, pour une fois, nous faisons relâche à la chorale paroissiale car notre chef de chœur s’est blessé et a besoin de repos.

En dessous l’article d’Ouest France. Il y a eu aussi une intervention de notre directeur à la télévision aux actualités…Il a bien expliqué sa décision, le pourquoi, mais il n’avait pas l’air très à l’aise devant les caméras, surtout que le journaliste lui a posé des questions qui fâchent et que tout le monde se pose, les usagers aussi.

 

 

vendredi 29 mai 2009

La colère des blouses blanches fait des étincelles

Symboliquement, les manifestants ont jeté, dans un bûcher installé face à la direction, le projet de restructuration du temps de travail.

Manifestation spectaculaire, hier, devant la direction du CHU Pontchaillou. Entre 200 et 300 blouses blanches ont brûlé, dans un bûcher géant, le projet de réorganisation du temps de travail.

Reportage

« Ce n’est pas dans notre habitude de mener des actions aussi spectaculaires ! C’est pour vous dire combien on est exaspéré par ce projet de notre direction ! » Hier, 15 h, devant le bâtiment de l’administration générale du CHU Pontchaillou. Alain, aide-soignant depuis 20 ans, se confie. Autour de lui, entre 200 et 300 blouses blanches rassemblées à l’appel des syndicats. Aussi bien des hommes que des femmes, des anciens comme des plus jeunes. Et toutes et tous, très remontés.

En ligne de mire, le projet de la direction qui prévoit, principalement, de supprimer 5 jours de RTT et de diminuer le travail quotidien de 7 h 40 à 7 h 30. Dix minutes qui ne passent pas ! « En clair, on va nous demander de faire plus avec moins. Et je ne parle même pas des 100 postes qui seront supprimés par l’amputation de nos 5 jours de RTT. »

Également aide-soignant, Michel renchérit. « Ici c’est un hôpital public d’abord au service du public ! Et les patients sont des êtres humains qui demandent à être soignés correctement. Ce n’est pas avec de seuls objectifs financiers que l’on y arrivera. »

D’autres aides-soignants se mêlent à la conversation. « Ce projet, c’est nous déshumaniser et déshumaniser l’hôpital » lance Édith, infirmière qui a vu « la situation se dégrader au fil des ans. » Elle évoque aussi « les temps de transmissions qui ne sont plus respectés. On a des collègues, qui, une fois arrivés chez eux, rappellent le service parce qu’ils avaient oublié une consigne importante. C’est normal ça ? Non, mais ils sont à bout. Et c’est comme ça qu’arrivent les accidents. »

La façade mitraillée aux œufs

Les manifestants sont unanimes. Ils ne veulent pas de cette restructuration. « C’est pour ça que l’on a décidé de venir brûler ce projet devant la direction », résume Raymond Madec de l’intersyndicale.( Lutte Ouvrière) Et s’adressant aux manifestants : « Jetons au bûcher ce projet ! » Aussitôt, des centaines de copies du projet volent vers un bûcher de palettes dressé devant les bâtiments de la direction. Le feu y est mis et les flammes gagnent le ciel du CHU sous les slogans des manifestants.

En même temps, des dizaines et des dizaines d’œufs giclent vers le bâtiment ainsi que des sacs de farines et autres projectiles.

« S’ils ne comprennent après ça que l’on est contre, il va vraiment falloir que l’on passe à des actions encore plus spectaculaires », glisse une syndicaliste tout en jetant un œuf. Le front du refus s’exprime et va laisser de multiples traces sur la façade de la direction apparemment désertée en ce début d’après-midi.

« Aujourd’hui, c’est entre 25 et 30 % du personnel qui est en grève sans compter ceux qui sont réquisitionnés », explique Raymond Madec. « Nous allons continuer à nous mobiliser et de nouvelles actions seront menées dès mardi prochain. On ne lâchera pas. »

Samuel NOHRA.

Ouest-France

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Publié 29 mai 2009 par korriganebleue35 dans Non classé

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