Discussion sur changement d’heure


 

 

Dimanche 25 octobre

l’âge aidant,
je me pose à chaque fois
la grande question lorsque vient le temps
de changer l’heure :

" On avance ou on recule ? "
 
> >> Voici un truc infaillible :
> > > … en OCTOBRE : se terminant par RE on recule l’heure
> > > … en AVRIL : débutant par AV on avance l’heure …

 

 

  http://www.deezer.com/embed/player?pid=33396490&ap=0&ln=fr&sl=1

 

Evidemment, nous changeons d’heure encore, chacun essaye de se rappeler dans quel sens à chaque fois. Quelques réflexions à partir de documents d’ici et là…

Passage à l’heure d’hiver, Changement d’heure ce week-end
Vous savez que la  nuit de samedi à dimanche, nous passons à l’heure d’hiver, soit il vous faut retarder vos réveils, montres et horloges d’une heure… Si cela peut faire économiser en France, l’équivalent de la consommation d’électricité d’une ville de 250 000 habitants, les conséquences sur la santé n’ont jamais été clairement étudiées. C’est ce qui ressort d’une étude européenne publiée l’année dernière. En effet, perdre une heure de sommeil ou en gagner une, n’est pas anodin pour notre horloge biologique et les organismes les plus fragiles (les enfants et les personnes âgées ou les personnes atteintes de maladies dépressives ou auto-immunes) sont les plus touchées par ce changement radical d’une heure, qu’elle soit en avance ou en retard… Pour certains de nos anciens en particulier, déjà désorientés, le changement d’heure en remet une couche..L’organisme humain mais aussi les animaux s’adaptent progressivement, avec, par jour une minute de soleil en moins ou en plus en fonction des saisons. L’adaptation habituelle et naturelle au changement d’heure se passe donc en douceur.

Selon ces chercheurs, dont l’étude est parue dans « Current Biology », le changement d’heure peut représenter une importante perturbation qui peut avoir des effets sur la physiologie. Ce serait surtout l’heure d’été qui serait en cause, quand les jours nous paraissent subitement plus courts car il fait plus vite noir le soir… Or, le soleil et la lumière sont des éléments essentiels pour l’organisme.

Ces études montrent que le rythme humain s’adapte beaucoup mieux au retour à l’heure normale en automne par rapport à l’heure d’été qui est avancée et ce changement aurait beaucoup plus de répercussions sur la santé que le passage à l’heure d’hiver. Cette petite heure grignotée en été peut se traduire par un retour en arrière dans notre cycle éveil/sommeil et un long temps d’adaptation pour certains.
Les résultats montreraient que les humains sont beaucoup plus sensibles au passage à l’heure d’été car l’horloge biologique aurait beaucoup plus de mal à s’adapter par rapport à l’heure d’hiver.

LES SOI-DISANT ECONOMIES…

D’aucuns nous disent que c’est pour économiser l’énergie…

Extraits du site officiel de RTE :

Quelles sont les répercussions instantanées du passage à l’heure d’hiver sur la courbe de consommation française  d’électricité ?
24 heures sur 24, RTE veille en temps réel à l’équilibre entre l’offre et la demande d’électricité en France. Il anticipe la gestion de cet instantané grâce aux prévisions de consommation et à l’estimation de la production disponible pour couvrir ces besoins de consommation, tout en préparant également le réseau de transport d’électricité à acheminer toute cette électricité.
La consommation d’électricité dépend essentiellement de deux facteurs 

·       La période de l’année : Les saisons jouent un rôle important mais également les périodes de congés scolaires et le jour de la semaine.

Les températures extérieures : Les variations de température se traduisent par des modifications de l’utilisation du chauffage électrique en hiver ou de la climatisation en été. La sensibilité de la consommation à la température est caractérisée par le « gradient de température » : 1°C de moins en hiver revient à 2 100 MW de plus de consommation à la pointe de 19H (soit l’équivalent de la consommation moyenne en hiver d’environ 2 millions de foyers, ou à titre d’illustration, deux fois la consommation d’une ville comme Marseille et son agglomération un jour de pointe).
RTE peut mesurer et suivre les effets immédiats d’un changement d’heure sur la consommation d’électricité française : ces effets sont visibles au moment du changement d’heure, sur la courbe de consommation française d’électricité en temps réel.
Avant le changement d’heure, on observe un avancement naturel de la pointe de consommation du soir en raison du raccourcissement de la durée du jour. Le passage à l’heure d’hiver amplifie la déformation de la courbe de consommation en avançant brutalement la pointe de consommation du soir (observation d’un effet de glissement temporel). En niveau, la puissance électrique appelée augmente du fait de la superposition des consommations liées à l’éclairage, aux consommations domestiques et industrielles et à la baisse des températures. Tôt le matin, la puissance appelée diminue légèrement, le jour se levant plus tôt. Le phénomène symétrique se produit lors du passage à l’heure d’été.

Les passages à l’heure d’hiver et à l’heure d’été produisent des phénomènes bien connus de RTE sur la courbe de consommation d’électricité française. RTE dispose d’un recul suffisant et d’historiques pour prévoir la consommation d’électricité instantanée lors de ces changements d’heure, comme pour les autres jours de l’année. En outre, les changements d’heure réalisés de façon simultanée à l’échelle européenne sont plus simples à gérer vu du système électrique.

La courbe de consommation française d’électricité est accessible en temps réel sur le site Internet de RTE .

 

 

LES HORAIRES ET LA SANTE

Un argument intéressant pour l’heure d’été est qu’il est normal de se lever plus tôt en été, ou de se lever avec le jour. Mais, une fois encore, ceci peut être obtenu sans changer l’heure. Il suffit de se lever avec le soleil, comme le fait la majorité d’entre nous quand nous n’avons pas d’horaire imposée.

De nombreux avis sont possibles, mais il est difficile de trancher, pour la simple raison que nous ne sommes pas tous égaux.

En effet, le rythme circadien (estimation du temps par l’organisme) se synchronise en principe avec le rythme de la lumière du jour, mais certaines personnes peuvent se synchroniser différemment, plus tôt ou plus tard. (Ces données sont conformées par un des sites de référence sur la santé, Doctissimo) Certains peuvent même ne pas se synchroniser du tout, et passer par des périodes avec des insomnies accompagnées de somnolences pendant la journée (consulter un médecin spécialiste dans ce cas).

C’est pourquoi il faut s’abstenir de prendre des positions trop tranchées sur une question comme l’heure. Cela ne ferait que désavantager certains, sans apporter de bénéfice réel aux autres.

Le Conseil de l’Europe a d’ailleurs effectivement noté des problèmes médicaux liés au changement d’heure, en particulier sur les personnes plus sensibles, jeunes enfants ou vieux, qui ont plus de mal à se synchroniser. Un «truc» de santé qui peut être utile à certains serait de regarder pendant une minute ou deux une lumière vive, par exemple une lampe de poche, à l’heure où l’on veut se lever. Ceci aide à synchroniser notre rythme avec l’horaire choisi. (Attention: regarder directement le soleil est dangereux).

Les seules conclusions que l’on peut tirer sont que:

– Nous ne sommes pas tous égaux;

– Les variations d’horaires autres que naturelles sont toujours source de trouble, en particulier sur les personnes les plus faibles, enfants scolarisés ou vieux;

On ne peut donc pas imposer à tout le monde des variations artificielles du rythme quotidien.

CEUX QUI VEULENT VIVRE AU SOLEIL

Certaines personnes sont spontanément favorables à l’heure d’été, sans argumentation d’ordre administratif. L’argument le plus frappant est de vouloir VIVRE AVEC LA LUMIERE plutôt que de vivre la nuit ou dans la grisaille! Il est vrai que le ciel obscur des villes, au dessus de leurs lumières factices, ressemblerait plutôt à celui de l’enfer… Encore une fois, l’argument est juste, mais la conclusion fausse: il n’y a nul besoin de détraquer les horloges pour se lever quand le soleil nous appelle. Ceux qui travaillent ont ainsi un peu de temps le matin, au lieu du soir, qu’ils peuvent mettre à profit pour écouter les chants des merles ou pour leurs pratiques spirituelles, car c’est le moment idéal pour cela.

D’autres arguments plus populistes comme la sécurité sont parfois évoqués, mais ils peuvent se retourner bien trop facilement. On remarquera tout de même que la sécurité n’est pas une affaire d’horaires, mais de police (ne pas tolérer les bandes fachistes dans les cités, etc…) et de société (éviter que les enfants souffrent de problèmes familiaux, intégrer les ghettos, etc…). C’est aussi une sensation des personnes qui appartient à chacun d’entre nous.

LES ARGUMENTS SENSIBLES

Si l’heure n’était qu’une affaire de conventions sociales ou économiques, il n’y aurait guère de sens à discuter de l’heure d’été, et aucun argument vraiment valable ni pour l’imposer, ni pour s’y opposer.

Le problème est que nos vies ne sont pas faites que de travail et d’argent. Nos vies sont aussi faites de sentiments, d’ambiances, de ressentis. Ce que certains administratifs appellent très pudiquement «la qualité de la vie», histoire de bien montrer que pour eux c’est très accessoire. N’en déplaise à ces messieurs, ce domaine n’est justement pas accessoire, c’est le domaine principal, celui de nos motivations profondes, de nos sentiments, du sens que nous donnons à nos vies. Le travail et l’argent? Des moyens, tout au plus. Il ne s’agit pas ici de dénigrer ces moyens, mais, en toute bonne gestion, les buts passent toujours avant les moyens.

Ainsi chaque moment de la journée a son ambiance, une couleur de la lumière, une vibration. Ceci est pris en compte dans le système musical Hindou des ragas, qui correspondent chacun à un moment de la journée, à une ambiance.

Jadis les activités se faisaient au rythme du soleil et personne ne s’en plaignait. A midi l’angélus sonnait le milieu du jour et tout le monde s’arrêtait, sinon pour prier, du moins pour le repas du midi (dérivé de medius dies, donc le milieu du jour).Dans les monastères, les complies permettent de marquer la fin de la journée par le Salve Regina final qui se termine par la mise de l’église dans une obscurité relative, et donc l’heure du coucher.

Notre sensation intuitive de l’heure se synchronise sur cette perception. Midi est un repère commode, car il marque toujours, quelle que soit la saison, le milieu de la journée. Avant midi, on est plus près du matin, et le gros est encore devant; après midi on est plus près du soir. A midi, le soleil est au Sud et au maximum de chaleur comme de hauteur. Midi est habituellement marqué par le principal repas, c’est une pause pour laquelle nous sommes obligés de stopper les activités du matin. Il partage le jour en deux parties égales, dont les affectations peuvent être différentes. Minuit est quand on passe au lendemain.

Les horloges, avec leur précision, tendent à être un repère plus puissant que le ressenti poétique, ou même que la position du Soleil (pas toujours visible). Si les horloges ne font que confirmer ces repères naturels, il n’y a pas de problème. Mais si ce qu’indique l’horloge est trop décalé par rapport au ressenti, ou si cela change tout le temps, alors notre système nerveux ne s’y retrouve plus du tout. C’est justement le cas avec l’heure d’été: le repas de midi est en fait pris à 10 heures, en pleine matinée. Au milieu de la journée, l’horloge indique 14 heures. De cette contradiction naît cette sensation de désordre, de laisser aller, que l’on éprouve avec l’heure d’été, assez similaire à celle du décalage horaire, ou de ce que l’on ressent en vivant une vie de patachon (manger ou dormir à n’importe quelle heure).

C’est aussi le souci de ceux qui travaillent en sous-sol ou ne voient pas la lumière du jour, le rythme n’est plus le rythme circadien, mais celui lié aux horaires de boulot, surtout quand les personnes travaillent en équipe…

Cette sensation de coupure d’avec les ambiances de la journée ne dérangera certes pas certains administratifs, de toute façon déjà habitués à vivre complètement en dehors de la réalité, mais j’espère tout de même que PROVOQUER une telle coupure n’est pas le but réel de l’heure d’été…

LA FOLIE A NU: A CHEVAL SUR LES DEUX     HEMISPHERES

A la Réunion, ils n’ont pas changé d’heure, donc le décalage est encore plus important. Ceux de France sont dans d’infinies complications pour caler leurs horaires quand ils veulent travailler ensemble..

Pour ceux qui essaient de travailler dans une organisation internationale, il y  a déjà assez de mal à convenir des rendez-vous entre gens qui sont sur des fuseaux horaires différents. L’heure variable vient compliquer encore les choses, car certains changent, d’autres non. Mais le sommet de la folie est atteint quand on travaille avec les deux hémisphères, Nord et Sud. Car alors, pendant que les uns AVANCENT vers l’heure d’été, les autres RECULENT vers l’heure d’hiver! On ne peut mieux comprendre la folie de ce système, que quand un rendez-vous quotidien ou hebdomadaire devient impossible parce ce que certains participants se retrouvent soudain décalés de DEUX HEURES voire TROIS (la Réunion) !!!

Il serait temps de mettre une fin à ces pratiques absurdes et de revenir à des horaires rationnels.

DES SOLUTIONS

Il est clair que, pour tenir compte de tous les vrais arguments techniques, économiques ou poétiques, il faut s’en tenir à une heure légale stable, qui ne danse pas la gigue. Ce que je préconiserais serait que chaque pays adopte une heure stable toute l’année, et qui soit aussi proche que possible de l’heure solaire du lieu. Ainsi, si la France adoptait l’heure de son fuseau (celle d’avant 1940, qui est aussi l’heure TU), le décalage maximum entre l’heure légale et l’heure solaire serait d’environ 34 minutes, ce qui est parfaitement acceptable (notre perception intuitive n’étant pas si précise!) Nos anciens ne disent-ils pas que nous sommes à l’heure allemande, avec tous leurs mauvais souvenirs liés ?

Un pays comme le Népal pinaille trop, avec un écart de 45 minutes par rapport à son fuseau. Le problème des grands pays qui couvrent plusieurs fuseaux horaires a été bien résolu aux USA, où le territoire est divisé en «time zones» (zones horaires) aussi proches que possible de l’heure solaire, compte tenu des divisions administratives de ce pays. La Chine est le plus mauvais exemple: tout le monde est à l’heure de Beijing, à l’est du territoire, et les colonies chinoises au Turkestan ont leurs horloges qui indiquent midi quand le Soleil indique… 9 heures!

Les arguments humains nous poussent aussi à vivre le jour et donc à se lever tôt, généralement avec le Soleil. Toutefois rien ne peut être considéré comme «normal» ni imposé à tout le monde.

Les variations de l’heure du lever du Soleil peuvent conduire tout au plus à avoir des horaires de travail variables, tout en s’en tenant à une heure légale constante. Le fait d’avoir des horloges qui ne dansent pas la gigue n’empêche nullement d’adapter nos horaires à la saison. Mais alors si on va travailler à six heures, on sait que c’est six heures, et, au terme d’une session de travail de quatre heures, on sait qu’il n’est encore que dix heures, pas encore l’heure de manger.

En fait c’est tout un mode de vie qu’il faudrait repenser:

Se lever plus tôt, et pour cela, se coucher plus tôt! Ceci n’est pas qu’une affaire d’horaires de travail, mais aussi des horaires de télévision, des spectacles, des concerts, etc… et même le sport, dont on ne voit pas l’intérêt de le faire la nuit! Voilà un domaine ou l’administration et les politiques pourraient faire jouer utilement leur autorité: faire en sorte que l’accès à la culture et à la vie sociale ne soit pas interdit à ceux qui doivent se lever le lendemain pour aller au boulot ! Pensons-y aussi, directeurs d’associations, de clubs, de centres spirituels…

Tant qu’on parle d’horaires, critiquons ici l’horaire de beaucoup de banques, administrations et services publics, qui n’ouvrent que pendant les heures de travail, obligeant ainsi l’immense majorité des salariés à s’absenter pour la moindre démarche administrative. Il est clair que ces services doivent ouvrir à d’autres moments, quitte à embaucher des gens à mi-temps.

En toute rigueur, se lever avec le jour impliquerait de moins travailler l’hiver. Ou, plus précisément, de se consacrer à des activités plus familiales. C’est ce qui se faisait avant l’invention de l’éclairage artificiel, qui entraîne la pollution lumineuse : les oiseaux migrateurs confondent les lampadaires avec les étoiles, les pigeons se reproduisent jour et nuit. Par satellite l’hémisphère Nord est plus lumineux que le Sud et la Grande Muraille de Chine a le privilège ex-æquo d’être vu de la lune avec les luminaires des autoroutes ! Et puis est-ce vraiment utile d’éclairer autant quand les personnes ne sont plus là pour voir ? Tous ces magasins fermés qui éclairent leurs vitrines, en plus du gaspillage énergétique,ne suscitent-t-ils pas des tentations inutiles ?

Des plus longues matinées peuvent aboutir à ne travailler que le matin, ou à disposer le matin d’un temps personnel, non travaillé. Un jour les administrations devront bien tenir compte du fait que le matin tôt est le meilleur moment pour méditer. Déjà, le Dimanche avait été réservé pour la prière. Mais là, ce ne sont pas les administrations qui l’ont oublié…

CONCLUSION

 

Voilà quelques raisons profondes pour lesquelles je suis opposée à l’heure d’été et pour une heure stable : les réalités de la vie, sentiments, poésie, bonheur quotidien, doivent l’emporter sur toutes les soi-disant contraintes administratives ou économiques. En effet ces contraintes ne sont, au mieux, que des moyens, alors que notre bonheur quotidien est du domaine des BUTS.

Cela dit, il serait temps que cette question de changement d’heure soit vraiment discutée car tous les six mois, c’est la même chose, les gens sont complètement désorientés durant plusieurs jours… Le jeu en vaut-il la chandelle ?

 
 
Publicités

Publié 25 octobre 2009 par korriganebleue35 dans Actualités et politique

%d blogueurs aiment cette page :