La Turquie, deuxième jour…


Le 27 février.

Nous nous levons assez tôt car nous avons de la route à faire. L’appel du muezzin nous tire du lit et le départ a lieu à 8 heures. Notre guide a écrit au blanc d’Espagne sur la vitre avant le trajet à accomplir.

Nouveau pont sur l’Eurymédon.

 Pont Seldjoukide où a eu lieu la fameuse bataille.

Nous commençons donc par prendre la route de Manavgat et franchissons le pont sur l’Eurymédon. Sur ce fleuve Eurymédon il s’est déroulé une bataille navale de 469 à 466 AV JC, dont nous reparlerons plus loin, entre les Perses et la ligue de Délos.

Pendant ce temps autour de nous, se décline la plaine de Pamphylie avec ses serres et ses arbres fruitiers, beaucoup d’orangers. Il y a aussi des amandiers en fleurs. Malgré la laïcité nous avons des mosquées partout, peintes de toutes les couleurs. Chaque maison et même les immeubles ont un toit recouvert de panneaux solaires avec une sorte de bidon afin de chauffer l’eau.

Nous faisons une escale technique chez un marchand de fruits secs et de bananes produites dans le coin, au moment où nous commençons à nous engager dans la chaîne du Taurus. Il ya pas mal d’érosion, des éboulis de roche, au milieu desquels poussent des cèdres du Liban. Les cèdres turcs sont célèbres car Cléopâtre en aurait eu en cadeau par Marc Antoine pour faire ses bateaux. L’avantage du cèdre est qu’il est imputrescible et n’est pas attaqué par la pollution, contrairement aux pins maritimes envahis par les chenilles processionnaires.

Puis nous arrivons à AKSEKI où nous sommes à 1 700 mètres d’altitude. Une petite escale technique pour le chauffeur et nous regardons quelques cartes postales. Ils ont des mouchards sur le car qui contrôlent la vitesse, le temps de conduite, et ils n’ont pas l’air de rigoler. Les vendeurs sont assez entreprenants, ils vendraient des glaçons aux esquimaux !!! Toutes les toilettes sont payantes, il ya une dame pipi, des anciennes le plus souvent. Il y a beaucoup de WC à la turca. Dans les grands hôtels, par contre, ce sont des WC normaux. Nous serpentons parmi les montagnes enneigées, même un certain brouillard.

Nous arrivons à Seydişehir, où se trouve un lac et la plus grande usine d’aluminium de Turquie, qui est privée. Ici commence le plateau Anatolien qui est à 1500 m d’altitude.

Puis nous arrivons sur KONYA. C’est une ville gigantesque, où même les usines sont peintes avec des couleurs qui flashent. Je ne sais si cela motive les gens à bosser, mais c’est plus joli quand même…

Nous allons déjeuner dans un ancien caravansérail transformé en auberge. Le chemin pour y aller n’est pas des plus faciles, et tout le monde se demande comment nous allons passer tellement c’est étroit, mais avec l’expertise du chauffeur aidant, cela passe tout seul. Nous en rendrons compte plus tard en Cappadoce où en-dessous il y avait le précipice…

Nous mangeons de la cuisine traditionnelle turque, et le repas est servi à table ; nous avons voulu faire passer les assiettes vides pour aider les serveurs, mais le chef n’était pas content ; chacun son boulot…Nous avons mangé une soupe, qui ressemble à de la chorba marocaine. Puis des pidde, qui sont une sorte de pizza avec de la viande, et une fricassée avec des boulettes, et des légumes, puis de la crème au chocolat et des oranges. Puis le café turc. Il n’y a pas beaucoup de viande car elle est chère, même dans des restaurants comme le nôtre où il y surtout des touristes.

Comme nous sommes sur un plateau et que la Turquie fait partie de l’OTAN, il y a une base aérienne pas loin et nous avons donc vu un Antonov 440 qui se préparait à atterrir. Ils font régulièrement des exercices. (Un des membres d’un autre groupe nous l’a dit, moi les avions ce n’est pas mon truc. Ça fait du bruit, c’est ce que je vois…)

Nous reprenons la route et arrivons à Sultanhani. Le café turc ne nous a pas empêchés de dormir un peu car il fait assez chaud. J’ai gardé un œil ouvert pour voir une caserne de flics avec sa mosquée peinte en bleu et blanc. Il y avait aussi une prison où ils faisaient son sport, tous en uniforme.

LE CARAVANSÉRAIL

Le Caravansérail de Sultanhani date de l’époque Seldjoukide, au XII° Siècle.(1229, sultan Keybukat Ier Aelaeddin).

Un caravansérail (en persan: كاروانسرا kārvānsarā) est un lieu où les caravanes de marchands font halte. Les riches particuliers, les sultans, les vizirs commandèrent des caravansérails.

Un caravansérail est un bâtiment qui accueille les marchands et les pèlerins le long des routes et dans les villes. Il y en avait tous les 30 à 40 kms, ce qui correspondait à une journée de marche pour les caravaniers. Cela leur permettait de traverser l’Anatolie tranquillement, car, avec ses hivers rigoureux et froids, ses étés chauds, il fallait trouver abri pour la nuit sans craindre les pillards.

Un caravansérail est toujours fortifié, et comporte à la fois des écuries (ou des enclos) pour les montures et les bêtes de somme, des magasins pour les marchandises et des chambres pour les gens de passage. Il est fréquent que les magasins se trouvent au rez-de-chaussée et les chambres au premier étage. Dans celui de Sultanhani, il y a aussi une petite mosquée au centre, montée sur quatre piliers, avec sa fontaine d’ablutions, qui nécessite de monter quelques marches pour y accéder (la mosquée propre doit être isolée des bêtes qui ne le sont pas) et un hammam dans une des galeries.

C’est aussi un lieu d’échange fréquenté par de nombreux étrangers.

Les deux premières nuits étaient gratuites, les chevaux ferrés, et les caravaniers se restauraient. Ils trouvaient aussi un dispensaire, un cordonnier, un bourrelier pour réparer les harnais. Il y avait aussi de la paille pour les bêtes et de l’avoine. Ils devaient par contre payer une taxe sur les marchandises dans les villes. La nuit la grande porte était fermée à l’abri des voleurs et des bandits.

Devant il y a une cour avec la mosquée au milieu, puis, au fond, l’endroit où logeaient les chameaux sous une nef à trois travées ; Il y a une clé de voûte au milieu, avec de la dentelle de pierre dessinée, le guide nous adit que c’était la signature des arméniens ce qui faisait une construction antisismiques (en Arménie ça tremble souvent, alors ils savaient quoi faire pour que cela tienne.)

Nous profitons de quelques moments après la visite (15 h 30 à 16 h 40) pour aller boire un thé (l’eau n’est pas bonne, il faut des cachets pour la désinfecter ou boire de l’eau en bouteille) et acheter quelques cartes postales et souvenirs. Les enfants adorent les histoires de Nasreddine Hodja qui ne rate pas une occase pour faire des bêtises. Nous en avons trouvé un avec des miniatures pour les filles. L’atmosphère est prégnante car ils se chauffent avec de la bouse séchée ou du charbon, et, comme la combustion est incomplète, cela dégage une certaine odeur.

LA ROUTE CONTINUE….

17 h 06 : Nous arrivons enfin sur AKSARAY, grande ville, et nous prenons la direction de Nevşehir. Il commence à faire nuit car nous allons vers l’Est. Il y a ici une usine Mercedes qui est assez grande ; elle assemble les utilitaires. Ici la main d’œuvre est bon marché et ils ne revendiquent pas. En effet, si le gouvernement pense qu’une grève met en jeu la sécurité nationale, la constitution permet l’intervention de l’armée pour y mettre fin.

Nous arrivons à AVANOS sur le coup de 18 h30. L’hôtel, comme le précédent, est magnifique, avec des vasques en marbre, des portes en bois sculpté, il a été ré ouvert juste la semaine avant notre arrivée. Il ne faut pas trop regarder les finitions, mais c’est beau quand même, il y a une cheminée dans le hall qui donne un certain cachet. Je me suis acheté dans leur boutique des châles magnifiques car j’en suis fana et j’en ai pris pour offrir.

Le temps de dîner puis nous allons dans nos chambres pour nous préparer au sommeil car le trajet a quand même été long, et demain l’aventure continue….

 

 

 

Publicités

Publié 24 mars 2010 par korriganebleue35 dans Voyages

%d blogueurs aiment cette page :