Charmes du printemps


Pour certains le printemps est le temps du renouveau, de la beauté, de la joie. Certes, comme beaucoup je suis enfin contente de voir notre ami soleil, moi qui ai vécu avec lui une bonne partie de mon enfance, et où, lorsqu’il y avait 8°C au thermomètre nous sortions les manteaux, où nous pouvions nous baigner avant d’aller en classe de début mars à fin décembre (après c’était le temps des tempêtes et c’était déconseillé, ce qui ne nous avait pas empêché de prendre le risque avec ma sœur. Nous avions failli nous noyer et un autochtone nous avait sorti de là. Il voulait nous épouser mais nous n’avions que treize et douze ans, ce que maman n’avait pas permis. Lui n’avait pas compris, car, dans son pays, les filles étaient promises à 9 ans et mariées à treize. ).

De pouvoir mettre le nez dehors sans me dire que nous allons être bénis par le crachin, et de ne sortir qu’avec un gilet sur le dos et pas quinze kilos de pseudo fourrure sur le dos.

De pouvoir aller se promener dans les alentours, voire même au bord de la mer, sans se dire que la nuit va arriver très vite et qu’il faut se dépêcher. Nous voyons chaque jour s’allonger et les enfants commencent à se dire que l’été approche.

La fête Dieu va arriver et ses sols parsemés de pétales de fleurs et les reposoirs décorés de bouquets magnifiques. Déjà la cérémonie des Rameaux pointe son nez et tout le centre ville va résonner des chants immémoriaux de la Semaine Sainte débutante, tant pis pour les grincheux. J’espère que je serai d’attaque, c’est ce dimanche…Nous partons du presbytère avec les enfants de chœur qui portent des palmes, puis la chorale chante les hymnes en grégorien de la semaine sainte, l’assemblée prenant le refrain. Nous arrivons devant l’église fermée, puis le maître de cérémonie frappe à la porte qui s’ouvre et l’office commence, chacun prend place.

Or, depuis quelques temps, pour moi, le paysage du printemps rime aussi avec allergies et toutes les bénédictions associées : les conjonctivites printanières, les rhinites, et autres joyeusetés dues à la pollution. Quand ce n’est pas la véritable crise d’asthme déclenchée par le foin coupé, ou, lors de la dernière « révolution » à l’hôpital, la fumée âcre des pneus qui passaient sous la porte.

Pourtant je ne reste pas insensible à la beauté des arbres en fleur, de certaines odeurs -naturelles, celles-là, et, dans notre chère Bretagne, de l’odeur du lisier généreusement répandu par nos agriculteurs. Lequel fait le lit des algues vertes que nous connaissons et que l’on peut voir par satellite dans notre moteur de recherche bien connu…Mais à quelque chose le malheur est bon puisqu’ils ont trouvé une solution qui donnerait un carburant pour les tracteurs ils ne veulent pas pour les autos, dommage !!). Avec certaines ils sont sur le point de faire de la cuisine avec, ce n’est pas mauvais. Le reste de ces algues est toxique et les gaz qu’elles ont crée ont même tué un cheval.

Déjà autour de l’hôpital où je travaille quelques arbres sont en début de floraison et les odeurs commencent à chatouiller les narines. Les prunus bourgeonnent, quelques fleurs blanches dont je ne connais pas le nom sont déjà là. La jeunesse qui est au lycée d’à côté profite d’une interruption de cours pour venir s’allonger sur la pelouse près du bureau, et, parfois, un bœuf improvisé par quelque apprenti guitariste vient troubler le silence de la pause méridienne.

Ma respiration devient difficile dès que je sens des odeurs chimiques, et les produits d’entretien avec leurs odeurs fortes peu naturelles -malgré leur nom de lavande, de citron, de savon de Marseille- deviennent pour moi un véritable poison. Même les parfums de grands couturiers qui faisaient mon plaisir, et que je n’oubliais jamais de mettre une fois habillée – je me sentais nue sans en mettre- j’ai du en faire mon deuil, autant que des eaux de Cologne, bien qu’en Turquie la Kolonya passait tout à fait, j’en parlerai au moment de la raconter. Je passe donc actuellement aux trucs de grand-mère à base de vinaigre et de savon noir, pour faire mes nettoyages, et aux produits prescrits par la dermatologue pour ma peau…

Je fais partie d’une bonne couche de la population victime des nanoparticules, du tabac, qu’il soit soufflé ou froid, et des fumées diverses, encens, feux de toutes sortes…Le smog qui nous envahit parfois peut aussi me déclencher des crises. Certains matins l’immeuble d’en face est coupé en deux par le brouillard, et, pas loin, l’usine qui incinère les ordures continue à cracher ses éternelles fumées et nous donne note eau chaude, la mairie nous a assuré que tout était conforme…

Moi qui aimais avoir une maison nickel et recherchais toutes les trouvailles de la science pour me faciliter le boulot, je fus donc obligée de changer mon fusil d’épaule. Je lus un bouquin qui me fit un peut frémir sur la pollution domestique qui m’aida en partie à franchir le cap. (Helga Wingert : la maison polluée, Editions terre Vivante).Et pourtant, « écouter agir » le produit qui m’enlevait le calcaire sur mes émaux de cuisine ou de salle de bain me permettait de faire autre chose pendant ce temps-là, moi qui avait le temps limité puisqu’à l’époque le bloc opératoire me prenait la majeure partie de mon temps. (Du moins c’était ce que disait la pub, mais il fallait quand même respirer la funeste odeur et frotter plutôt deux fois qu’une, le calcaire ne partait pas tout seul…). Je faisais quand même quelques expériences de nettoyage naturel car je n’habitais pas loin d’une boutique de produits « écologiques », et je voulais que ce soit propre et que cela se sente. Je n’étais pas une maniaque du chiffon, non, mais je voulais avoir le temps disponible pour mes différentes activités.

Cette année c’est le pompon, je vois que le printemps vient de commencer car j’ai l’œil gauche qui coule et ne peux l’ouvrir, ainsi qu’une méga sinusite qui me permet difficilement de respirer, et je suis obligée de rester à la maison tant que mon œil refuse de s’ouvrir. (Ce qu’a dit le médecin, ce qui ne m’arrange pas car la Semaine Sainte va commencer. Je passe mon temps à les irriguer de gouttes et vous écris d’un œil).

Pourquoi donc est-ce que j’écris ceci? Non pour me plaindre, mais pour vous inviter à partager avec moi vos trucs et ficelles pour l’intendance, l’entretien, car j’ai lu dans une revue de consommateurs que nous étions les plus grands pollueurs à la maison ; et je me suis dit que nous avions chacune et chacun des petits trucs et trésors qui nous facilitaient la vie…Les hommes nous disent que les femmes nous parlons beaucoup chiffons, mais eux ils parlent bagnoles, foot…

Je suis impatiente de vous lire…

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Publié 26 mars 2010 par korriganebleue35 dans Vie quotidienne

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