La Crèche provençale : les personnages, la nativité, les bergers.


Tradition de Noël en Provence, symbolique.

La tradition du noël provençal est aujourd’hui restée très forte, et dès le début du mois

de décembre, on commence à se préparer pour les fêtes calendales :

on peut semer le blé de la Sainte Barbe, qui présagera de l’année à venir. On peut aussi

semer des lentilles, des pois chiches, du cresson.

On peut se rendre à la foire pour acheter des santons

Ou bien se mêler aux veillées calendales de village et se plonger ainsi dans les contes

et traditions de noël

Et enfin, on peut préparer la crèche.

La crèche provençale traditionnelle est la parfaite reconstitution du village provençal,

de ses habitants et de ses métiers.

La mousse fera l’herbe, des brindilles de cyprès, de thym, de romarin, de buis

figureront les arbres, on utilisera de la farine en guise de neige, du papier aluminium

pour l’eau, du papier bleu nuit pour le ciel, sur lequel on colle des étoiles découpées

dans du papier or ou argent.

Rien ne manque depuis l’étable ou la grotte, les bastides ou mas provençaux, les puits,

les ponts, jusqu’au moulin à vent, sans oublier bien sûr le blé de la Sainte Barbe orné

d’un ruban rouge.Les colonnes romaines peuvent symboliser le monde révolu, les

antiques d’Arles sont prises parfois comme modèle. .

 La nativité

L’Enfant Jésus : l’Enfant Jèsu, l’ Enfantoun.

11 fevrier 2010 002
Nouveau-né emmailloté, étendu à même la paille qui dessine autour de lui une

couronne rayonnante, il symbolise l’innocence, la pureté, la fragilité et la lumière. Ce

n’est qu’à minuit  qu’on placera le petit jésus au centre de l’étable.

La  Sainte Vierge : la Santo Vierge

Jeune femme agenouillée les mains jointes dans un acte d’adoration, elle est vêtue de

bleu, simple et modeste elle porte un voile sur la tête. Elle incarne le bonheur, la

maternité, l’amour, on la place à droite de l’enfant Jésus. Elle est la seule avec  son

mari Joseph, à porter des vêtements au début de notre ère, les autres santons ont des

costumes du XIXème siècle.

Saint Joseph : San Jousé

Placé à gauche du nouveau-né, il a souvent un genou à terre. Quelquefois il se tient

debout dans une posture méditative. Ses longs cheveux tombent sur ses épaules, il

porte la barbe, son costume brun taillé dans de la bure est à la mode franciscaine. Il a

l’aspect  d’un artisan un peu rude  mais empreint de tendresse et de sérénité.

L’Ane : l’ase

C’est un petit âne gris à croix noire sur le dos. Il est allongé à la droite de l’enfant

Jésus, les pattes repliées. C’est sans doute lui qui a porté  Marie le long de la route 

conduisant à Bethléem.

L’âne était un animal familier, une bête de somme très répandue dans la campagne

provençale, il servait notamment  d’auxiliaire au meunier,  il transportait par les

chemins de terre les matériaux, les denrées, et les gens. A ce titre, on le retrouve dans 

la crèche avec le meunier et  c’est lui qui porte Margarido. Il symbolise la patience, le

courage, l’humilité, et il n’est pas question ici de son caractère têtu.

 

Le bœuf : lou  biou

Placé à la gauche de l’enfant  Jésus à côté de Saint Joseph, il est allongé sur ses pattes

et réchauffe de son haleine le nouveau-né. Si l’on en croit la légende, Saint Joseph

aurait emmené le bœuf pour le vendre au marché  et l’argent devait servir  à payer le

tribu de recensement après la naissance de l’enfant.

C’est à l’image d’un temps où les hommes vivaient dans l’intimité de la nature en

harmonie avec les animaux.

L’ange boufareù

C’est un angelot  dodu, rose et joufflu, les ailes déployées il souffle à s’époumoner dans

une trompette d’or pour éveiller le monde, et annoncer à tous la bonne nouvelle.

On le met en évidence haut  perché  sur une colline ou accroché dans le ciel ou encore

sur le toit même de l’étable.

L’étoile : l’estello

    Elle est avec l’ange boufareoù l’autre manifestation de la présence des cieux à

l’évènement. C’est une grande étoile rayonnante illuminant le ciel à l’heure de

minuit.Elle guide les pas de la foule. Ainsi dans la fameuse Ballade des santons :
Un soir alors
Paraît l’étoile d’or
Et tous les petits santons
Sortent de la boite en carton
Elle symbolise le mystère, apporte la touche du Merveilleux Divin. Elle indique aux

bergers leur chemin dans la nuit, au cœur de laquelle elle dirige leurs pas vers

l’Enfant-Dieu, afin qu’ils soient les premiers à l’adorer et  à lui apporter leurs

offrandes.

C’est elle que suivront les Rois Mages tout au long de leur périple.

Les rois mages

Ils représentent  les trois continents connus à l’époque, l’Europe, l’Afrique et l’Asie.

Au  XVème siècle, Balthazar est le noir, mais les seigneurs des Baux découvrent en

Balthazar un de leurs glorieux ancêtres, et on décide qu’il ne peut être qu’immaculé.

Gaspard  devient l’Abyssin ( éthiopien ) et Melchior le Maure.

Dans l’ordre d’arrivée, Gaspard est le premier, portant un ciboire avec de l’encens,

puis vient Melchior, apportant un coffret de myrrhe, et, fermant la marche, Balthazar,

les bras chargés d’une urne pleine d’or.

Les Rois Mages  sont des étrangers, dans les crèches parlantes ils s’expriment en

français alors que les  autres personnages  s’expriment en provençal.

Les bergers

Détails 56

Les bergers  sont des personnages essentiels  de la crèche, sans doute en raison de

l’importance du rôle qu’ils jouent dans la vie économique de la Provence d’alors,  terre

d’élevage et de transhumance.

    Mais aussi parce qu’étant proche du ciel et des étoiles,  ils baignent dans le mystère.

    Leur science est celle de la nature et de ses  métamorphoses, ils connaissent les

plantes et leurs secrets, lisent le temps et les évènements à venir dans la course des

étoiles et  sont souvent poètes et guérisseurs.

    Il était  donc juste que les bergers soient les premiers à voir briller l’étoile de la

Nativité et la suivent pour arriver avant les autres à la crèche.

    D’ailleurs, dans les premières crèches, outre la Sainte Famille, l’âne et  le bœuf, il n’y

avait, agenouillés en demi- cercle devant l’enfantoun, que des bergers, les autres

santons n’y faisant leur apparition  que plus tard.

    Ils ont donné leur nom aux pastorales, et, dans la tradition des offrandes, dites

pastrages, figurait l’agneau de Noël, symbole de la vie naissante.

Lou Ravi

On dit qu’il doit être placé en premier dans la crèche car il porte bonheur.

On le place parfois à la fenêtre ou debout face au miracle de la Nativité.

    Il est vêtu  pauvrement d’habits rapiécés, il lève les bras au ciel, geste qui exprime

parfois surprise et allégresse.

    C’est un santon très familier auquel les Provençaux sont attachés, parce que c’est un

pauvre innocent.

    Il n’apporte  rien d’autre  que sa foi candide et le ravissement de ceux qui n’ont que

les biens du cœur à offrir.

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