Oui, mais quand c’est de la musique, La pollution s’honore…


 

L’autre jour, alors que j’avais cours de piano, le voisin s’est mis à utiliser sa perceuse, ce qu’il fait régulièrement. Ma professeur est donc montée pour tenter de discuter avec lui et s’est fait agresser tant verbalement que physiquement; je suis allé  porter plainte mais le commissariat n’a pas voulu et m’a dit que je faisais trouble à l’ordre public en jouant du piano!!Aussi ai-je lancé cette pétition en ligne que je vous invite à lire, à signer et à faire passer; je me suis inspirée de celle faite il y a quelques années par les maîtres du piano, mais sur Legifrance rien n’a bougé, alors je l’ai fait sur plusieurs sites…

Mes opinions : http://www.mesopinions.com/Pour-pouvoir-faire-de-la-musique-classique-sans-etre-moleste-petition-petitions-5d1425cc9a8f83b19f5d5d2499e691a7.html

Et je le ferai aussi sur :http://www.lapetition.be/

En voici donc le texte, destiné au président de l’Assemblée nationale :

Les citadins représentent aujourd’hui les 3/4 de la population française. Loin de créer une bonne cohésion sociale, cette situation favorise au contraire l’individualisme et le repli sur soi.

Tout le monde a le droit de jouer d’un instrument de musique

chez soi. Aucune loi ne s’y oppose. La musique qui devrait être une fête devient une pomme de discorde.

Mais comment conserver ce droit en respectant aussi le droit au repos et au silence de votre voisin, et plus diabolique, son droit de ne pas aimer la musique et pire, de ne pas aimer…la vôtre !

Ainsi votre voisin du second vénère votre Debussy, mais celui du quatrième vous poursuit et compte les décibels de votre Cathédrale Engloutie en déclarant la guerre !

Autrement dit, les qualités humaines ou le niveau culturel d’un voisin que vous pouvez difficilement choisir, font de vous un génie ou un voyou. Une sacrée injustice, non ?

Entendre un aspirateur tôt le dimanche matin ou une perceuse avec ses sons stridents, le bruit des deux roues trafiquées, n’est choquant pour personne. Encore moins ces beuglements de « musique moderne » qui crachent la haine de l’autre à tour de phrases en des termes plus ou moins orduriers qui ne valorisent ni leurs auteurs ni leurs auditeurs..…Pas plus que d’entendre les scènes de ménage des voisins qui sont plus denses en décibels que même un morceau de piano avec des accords bien frappés ?

Sachez qu’en jouant du piano, vous vous adonnez à un « bruit de comportement », également qualifié par les textes de « bruit domestique ». Assis, chez vous, devant votre piano, vous êtes un « fauteur de bruit », et vous empêchez votre voisin d’écouter sans entraves l’émission de télé réalité ou le jeu où il pense faire fortune par procuration, ce qui, à vous, pourrait coûter 450 € ! »Les bruits de comportement » disent les textes, « correspondent principalement aux bruits inutiles ou agressifs de la vie quotidienne provoqués, directement ou non, par les comportements désinvoltes des personnes.

Et que, ce faisant, vous menacez « la santé de l’homme ». Mais les perceuses et autres bruits tels les claquements de porte, les chaises qui traînent au lieu d’être soulevées n’auraient-elles aucun effet sur cette dite santé, sans parler des bruits décris ci-dessus ???Voilà de quoi surprendre Chopin, voire le faire se retourner dans sa tombe !

Ce qui, au XIXe siècle, était le passeport de la bonne société et un gage d’éducation, fait aujourd’hui de vous un paria asocial, contrecarrant ouvertement »la jouissance paisible du logement » de votre voisin. Ne lisait-on pas dans les baux, il n’y a pas si longtemps, l’expression : « occuper les lieux bourgeoisement » et ce, quand chaque appartement logeait son crapaud plutôt deux fois qu’une !

Ah oui, mais c’était avant l’invention de la télévision ! Que dire de ceci : le niveau sonore de plus de la moitié des écrans publicitaires dépasse le volume sonore moyen du programme les précédant.

Ainsi les  » cadres sup  » font aujourd’hui leur bo-bo avecleur home-cinéma là où leurs ancêtres officiaient sur du demi-Steinway ! Avons-nous gagné au change ?

Mais qui donc aurait l’idée d’aller chercher un conciliateur pour une télé qui hurle, puisque toutes les télés hurlent en même temps ? Et, cette fois-ci, sans distinction de classe. Ainsi va la vie citoyenne où s’empiffrer de chips sur un canapé en ne faisant rien est infiniment moins désinvolte que de lutter, vers cinq heures de l’après-midi, avec les beautés fracassantes d’une pièce classique ! Alors que nous devrions faire attention au tapage que peut faire un Nocturne et, comme dirait l’autre, à bon entendeur, salut !

Foin, à la ville, des comportements abusifs ou franchement professionnels, pas question non plus de troubler l’ordre pudique de foyers ordinaires mais faut-il encourager l’emploi du numérique quand l’émotion d’un piano reste unique, faut-il vivre un casque sur les oreilles, faut-il se priver de vrais pianistes et décourager l’amour du beau, et si la liberté des uns commence là où s’arrête celle des autres, peut-on l’imaginer sans musique ? Et faudrait-il que les musiciens aient les oreilles cassées par les acouphènes générées par le casque sous prétexte que les autres veulent entendre un galimatias de bruits non construits et s’étripent à leur guise sans qu’il soit possible de s’y opposer ??

Cela vaut bien un petit texte d’humeur pour le respect des musiciens, débutants ou non, cela vaut bien de défendre un peu ce lien si puissant à unir les hommes entre eux, cela vaut bien une pétition qui empêcherait les vrais nuisibles de nuire, et n’est-il pas vrai qu’en musique, tout est affaire d’arrangement ? Il ne serait pas déraisonnable que le législateur s’empare de la chose afin de qualifier « les types de bruit ».

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Publié 23 décembre 2010 par korriganebleue35 dans Non classé

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