Boris Vian et le piano cocktail


Je ne m’en lasse pas, je l’ai adorée, et elle m’est revenue en mémoire quand Jean-François Zygel a invité dans sa boîte à musique quelqu’un qui a fabriqué le « piano cocktail », suivant la description faite dans l’écume des jours.Je regarde souvent son émission, en regrettant qu’elle soit aussi tard…Cela n’a pas pris une ride…Pour ce qui est du piano spécial, il y a des fioles qui mettent dans un verre des boissons en fonction des notes qui sont jouées, si il y en a qui sont bizzarres, certaines avaient l’air d’avoir bon goût.Ils organisent des spectacles dans toute la France, voici le lien :

http://www.artesine.fr/modules/spectacles/product.php?prod_id=543

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LA COMPLAINTE DU PROGRES

Autrefois pour faire sa cour
On parlait d’amour
Pour mieux prouver son ardeur

On offrait son coeur

Maintenant c’est plus pareil

Ça change ça change

Pour séduire le cher ange
On lui glisse à l’oreille
Ah Gudule, viens m’embrasser, et je te donnerai…

Un frigidaire, un joli scooter, un atomixer


Et du Dunlopillo
Une cuisinière, avec un four en verre
Des tas de couverts et des pelles à gâteau !
Une tourniquette pour faire la vinaigrette
Un bel aérateur pour bouffer les odeurs
Des draps qui chauffent
Un pistolet à gaufres
Un avion pour deux
Et nous serons heureux !

Autrefois s’il arrivait
Que l’on se querelle
L’air lugubre on s’en allait
En laissant la vaisselle
Maintenant que voulez-vous
La vie est si chère
On dit : « rentre chez ta mère »
Et on se garde tout

Ah Gudule, excuse-toi, ou je reprends tout ça…
Mon frigidaire, mon armoire à cuillères
Mon évier en fer, et mon poêle à mazout
Mon cire-godasses, mon repasse-limaces
Mon tabouret-à-glace et mon chasse-filous !
La tourniquette à faire la vinaigrette
Le ratatine-ordures et le coupe friture


Et si la belle se montre encore rebelle
On la fiche dehors, pour confier son sort…
Au frigidaire, à l’efface-poussière
A la cuisinière, au lit qu’est toujours fait
Au chauffe-savates, au canon à patates
A l’éventre-tomate, à l’écorche-poulet !

Mais très très vite
On reçoit la visite
D’une tendre petite
Qui vous offre son coeur
Alors on cède
Car il faut qu’on s’entraide
Et l’on vit comme ça jusqu’à la prochaine fois
Et l’on vit comme ça jusqu’à la prochaine fois
Et l’on vit comme ça jusqu’à la prochaine fois !

 

 


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Publié 23 juillet 2011 par korriganebleue35 dans Non classé

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