Rencontre avec le Parc Floral de Haute Bretagne


Historique


La Foltière ( ou Folletière) est le nom de la propriété : c’est la terre où poussent les hêtres,

de l’ancien français «fou» qui désignait le hêtre.
C’ était un domaine noble; on y accédait à l’ancien manoir par une avenue de 350 mètres

bordée de quatre rangées de hêtres et prolongée par la digue d’un étang.
Il fut, en 1796, le quartier général de l’armée royale insurrectionnelle dirigée par le Comte

Joseph de Puisaye. Créé en 1847, ce parc de 27 hectares acclimate les essences des différents

continents dans vingt quatre jardins thématiques….Le jardinier s’est inspiré de poèmes, de

souvenir de voyages, de l’histoire des jardins. Ce dédale de plaisirs ce parc de rêves offre une promenade qui offre au fil des saisons un dépaysement permanent au visiteur….Tous les poèmes

cités sont parsemés au fil du parcours.

Présentation

Coordonnées GPS (Lat x Long) : 48.430703000, -1.263041000


Le parc botanique de 25 ha est composé de 24 jardins regroupés en trois ensembles :


les « jardins de l’Arcadie», les premiers créés, font référence à l’antiquité classique : le

«jardin de l’Olympe», la «cité de Knossos», la «cité antique», «l’allée des roses anciennes»

en souvenir des premières roses connues des grecs et des romains, le «jardin de Dionysos»,

le «jardin des mille et une nuits»… Cette étendue évoque la genèse des jardins et la

jeunesse du lieu.


les « jardins romantiques» où le rêve et l’exotisme pénètrent le monde réel. Cette partie

représente l’âge mûr, celui de la construction de la demeure et celui d’un parc qui atteint

sa plénitude.


les « jardins du crépuscule» offrent une composition intemporelle qui incarne le devenir

du jardin. Elle est annonciatrice du crépuscule d’une vie. Voici le «jardin du soleil

couchant», celui des «rêveries d’un soir d’été», le «reposoir de l’harmonie du soir», le

«jardin de la lune rousse», le «jardin des nuits étoilées», le «jardin du vieux chêne»…

La VISITE


L’allée des perles blanches conduit à la grille d’entrée du Parc Floral de Haute

Bretagne. C’est notre premier contact avec le parc.

Ci-dessus le plan avec en rose tyrien mon parcours.

Nous marchons au milieu des fleurs blanches,

comme s’il en neigeait, des azalées et rhododendrons de toutes catégories….

Cinq maximes associées à des enclos indépendants :

« L’imagination suscite l’élan et le rêve. » L’Amérique.

« La  perfection naît de la simplicité ». l’Afrique.

« La patience épouse la sagesse de la vie ». L’Asie.

« Le Naturel voile l’artifice ». L’Australie.

« Regardez les branches

Comme elles sont blanches.

Il neige des fleurs. »


Aussitôt franchie l’entrée, le Jardin des mille et une nuits sollicite notre

attention .Inspiré par les jardins d’eau mauresques, il n’est pas une imitation

puriste des jardins d’Orient, mais une adaptation au terroir et au climat breton.

Ce jardin est traversé par un canal alimenté par des jets d’eau arqués qui

apportent de la fraîcheur l’été.


Cette fontaine aux  jets d’eau arqués qui le traverse n’est pas sans rappeler le

jardin de l’Alhambra de Grenade pour ceux qui connaissent.


A une extrémité, se dressent les colonnes sombres de trois cyprès de Florence.


Latéralement, se développe une végétation luxuriante en partie méditerranéenne :

des myrtes, des cistes, des roses de Damas, des lavandes, des romarins, des armoises

et des grenadiers.


Ces lieux sollicitent nos sens : ils sont bercés par la musique de l’eau, les couleurs des

fleurs, et les fragrances, celles des jasmins et du faux-jasmin, des roses anciennes et

des daphnées.


Cachée derrière un rideau de trois cyprès, une ouverture dans le mur de l’ancien potager

donne accès à la Cité antique qui met en scène un univers méditerranéen, des colonnes

classiques ornées de rosiers grimpants, un odéon planté d’iris…dans un espace dominé

par le vert des allées engazonnées.


Adossé à ses murs, un labyrinthe de camélias  cache un minotaure pour surprendre

les enfants qui vont ensuite se perdre dans un bosquet de bambous; la sortie de ce

cheminement offre la vision d’une part du nouveau Jardin secret agrémenté de

deux terrasses et d’autre part d’un bassin fleuri de lotus au dessus duquel s’élèvent

trois pyramides tapissées de bambous nains. Malheureusement je n’ai pu voir de

lotus car ils sont là l’été.

Après le labyrinthe de camélias, voici un dédale de bambous.

Une cinquantaine de variétés cohabitent : des nains, des moyens et des géants

capables de monter à plus de 10 mètres et de croître d’au moins cinquante cms

par jour dès les premières chaleurs estivales.La première partie du cheminement,

de salle en salle par les couloirs, permet de découvrir les variétés les plus intéressantes

pour la coloration de leur chaume. La deuxième partie du cheminement offre la vision

de trois pyramides, elles même tapissées de bambous nains.Ces pyramides s’élèvent

au milieu d’un bassin de lotus qui est fleuri à la fin de l’été..

En été…

Un lettré à la retraite joue de la cithare dans un bosquet de bambous,

Lotus émergeant de l’onde, fraîcheur éclatante;

des gouttes de pluie légères sur les feuilles de bambous, sonorité de jade… »

Ji Cheng, Yuanye, le traité du jardin Chinois.

 

L’allée des roses anciennes conduit au vallon des poètes avec ses bassins, ses petits

ponts, ses tapis de mousse, ses bouquets sauvages.Au centre du parc, ce jardin est

inspiré par l’idéal humaniste de la renaissance italienne; il renoue avec le

«giardino segreto», cabinet de verdure, hérité de la tradition médiévale.


Il se compose de deux terrasses que surplombe un escalier à double révolution.


La première, entourée d’une haie de camélias champêtres, est découpé par quatre

bassins formant les contours angulaires d’un carré; elle est ornée, en son centre,

d’une vasque aux lions sculptés, au carrefour de deux allées engazonnées découpant

quatre carrés de topiaires.


La seconde terrasse est occupée par un bassin carré entouré d’une haie basse de

camélias sasanqua; elle est ceinturée par une arcade de verdure surmontée d’un

fronton triangulaire en sa partie centrale.

« J’aime la solitude et me rends solitaire
Pour penser librement à mes belles amours,
Je cherche les forêts et les lieux les plus sourds
Pour leur dire les maux qu’aux mortels je veux taire. »
Antoine de Nervèze, les essais poétiques, 1605, sonnet XIX, p.10


Le jardin de Dionysos

Dix Pieds de vigne bordent  le seuil du jardin de Dionysos. Des plate-bandes informelles

ceinturent ce jardin engazonné où s’entremêlent des heuchères, des daphnées, des fuschias,

des hédychiums, des gerberas vivaces…

Le jardin de l’Olympe


Quatre cercles ont été dessinés sur la pelouse.


Le premier évoque les douze dieux et déesses du Mont Olympe. Le second, celui des douze heures

qui gardent les portes de l’Olympe et représentent primitivement non pas les divisions du jour mais

celles de l’année. Le troisième, celui des neuf muses qui président les arts. Le quatrième, celui des

trois grâces qui incarnent les désirs de l’homme.


Face à l’Olympe, est représentée la boite que Zeus remis à Pandore en lui conseillant de

ne jamais l’ouvrir. Elle contenait tous les maux de l’humanité ainsi que l’espérance.Cédant à

la curiosité, Pandore ouvrit la boîte : tous les fléaux , maladies et malheurs s’échappent. Elle

réussi t à garder l’espérance.

Le jardin de Dionysos

Est bordé par dix pieds de vigne. Des plate-bandes informelles ceinturent ce

jardin engazonné entremêlé de daphnées, fuschias…

Le jardin des parfums exotiques :

Un chaos de boules de granit abrite des vents froids des essences exotiques habituées à la

douceur des climats très tempérés. Ce jardin  emprunte la perspective d’une allée où la vue plonge

sur l’étang principal du parc.Des sauges, des impatiens, des hedychiums, des begonias

assurent de superbes floraisons tardives.Le dahlia imperialis prodigue rarement le plaisir

de ses magnifiques floraisons en décembre. Le bananier ‘Helen’ promet des fruits savoureux.

“Je vois se dérouler des rivages heureux
Qu’éblouissent les feux d’un soleil monotone;
Une île paresseuse où la nature donne
Des arbres singuliers et des fruits savoureux…”
Baudelaire, Parfum exotique, 3-6

L’allée des roses modernes

Promenade paisible et facile pour se rendre  au château depuis le jardin de

la Cité antique, l’allée est bordée de roses modernes aux charmes certains, aux effluves

pénétrantes et à la floraison remontante. Mais elles fleurissent en juin …


« Va revoir les roses.
Tu comprendras que la tienne est unique au monde. »
Antoine de Saint-Exupéry, « Le Petit Prince », ch. XXI.

 

Le reposoir de l’harmonie du soir

«Voici venir le temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir…
Valse mélancolique et langoureux vertige
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir».
Charles BEAUDELAIRE

Ce jardin dévoile une collection de kalmias latifolia et de rosiers moschata.

La source bleue

Sous les frondaisons des eucalyptus, un pont bleu, bordé de massifs d’hydrangeas aux fleurs

bleu intense, permet de franchir une première cascade.
Ce jardin s’ouvre sur une pièce d’eau. Il est ponctué de blocs erratiques de granit et composé

de plantes vivaces aux multiples nuances de bleus. Des bouquets d’agapanthes, de delphiniums,

de véroniques, de sauges, d’asters et de buglosses rapportés de Chine sont dressés au bord

du bassin.


A l’est , face aux palmiers et cordylines, la pensée s’évade vers des horizons lointains.


A l’ouest, les sapins bleus et une seconde cascade évoquent un lac de montagne.


A l’arrière plan, le clocher du village domine la scène, avec beaucoup de sérénité.

Le jardin des quatre saisons

Dans un écrin où l’horizon est souligné d’arbres séculaires, le jardin des quatre saisons a

été installé, face à la grande demeure, pour permettre à ses hôtes d’y porter un regard

attendri et nostalgique en toute saison.


Constitué de quatre massifs, chacun évoque une saison.


L’hiver est symbolisé par des plantations à fleurs blanches et des feuillages marbrés

de blanc; le printemps est représenté par des floraisons pastel, roses et bleues; l’été,

par des rosiers aux fleurs d’églantines de couleurs vives; l’automne, par des ors et

des pourpres.

« Aux quatre saisons les herbes et les arbres
Leur temps venu
Montrent chacun à sa façon fleurs et feuilles écarlates.
Qui donc dira qu’ils sont sans âme? »
Mutsura, Anthologie de la poésie japonaise classique, p.199-200

La promenade s’ouvre sur une pièce d’eau puis traverse le nouveau Jardin des parfums

exotiques; le regard est attiré par la source bleue, bordée de vivaces aux multiples nuances

de bleus, ainsi que d’une tourbière habitée d’étranges plantes carnivores…

Les autres je ne les ai pas encore faits cela viendra, j’ai déjà marché trois heures

Durant pour faire le diaporama et sélectionner 49 photos sur 200…

La photo finale est extraite du jardin du soleil

Levant que j’ai survolé car mon chéri voulait rentrer.

L’antre des carnivores

Près de la source bleue, d’étranges plantes insectivores habitent une tourbière.
Les dionées sont très intrigantes avec leurs feuilles chausse-trappe.
Les sarracénies sont fascinantes avec leurs cornets-pièges et leurs fleurs à la beauté

surprenante; les darlingtonias inquiétantes avec leur “tête de cobra” tandis que les

droseras et les pinguiculas sont plus discrètes.Après quelques cheminements, dans

un bosquet, trois bancs en granit disposés autour d’une placette circulaire, le Jardin

des nuits étoilées, nous attendent avant de découvrir cinq hectares de nouveaux

jardins.

Le jardin des nuits étoilées

Dans une clairière centrale, une placette circulaire est plantée d’ ophiopogons

aux feuillages étonnamment noirs; ils sont constellés des fines corolles jaunes

d’élégantes hémérocalles; trois bancs en granit accueillent le visiteur.


Au pied de grands massifs de rhododendrons pontiques, ce jardin est devenu le

sanctuaire de collections, en particulier de rhododendrons et de camélias botaniques,

de kalmias, d’ellébores, d’hydrangeas et de philadelphus.

« Si tu aimes une fleur qui se trouve dans une étoile,
c’est doux, la nuit, de regarder le ciel.
Toutes les étoiles sont fleuries. »
Antoine de Saint-Exupéry, « Le Petit Prince », ch. XXVI.

Le bois décisif

«En nous éloignant du lac, nous entrâmes dans une forêt de sapins dont l’ombre

mystérieuse avait engagé M. de Bièvre à en faire un lieu propre à tout ce que pouvait

promettre une retraite solitaire, et dans un rond … on voyait six ifs plantés

symétriquement.»
C’est là que le Marquis de Bièvre se plaisait à promener ses jolies conquêtes, après

maint assaut livré à leur vertu.


-Madame, s’écriait-il, voici l’endroit décisif;


Si la belle s’irritait d’une pareille mise en demeure :


-Qu’avez-vous donc compris? répliquait le marquis innocemment.

Le jardin du soleil levant

La lumière du matin inonde ce jardin qui est une douce combinaison du minéral,

de l’aquatique et du végétal.


Il évoque trois aspects de l’art du jardin au Japon.


Le premier, le jardin-promenade est l’expression figurative d’une nature sacrée,

la reproduction miniaturisée de l’univers; les arbres et les arbustes sont taillés en

nuages; le sol est couvert de tapis de mousse; les pierres ont autant d’importance

que les végétaux.


Le deuxième, le jardin sec, expression épurée de la pensée « zen » est l’archétype du

jardin de contemplation; les fleurs sont absentes pour ne pas distraire la pensée; un

ilôt de pierres arrangées symbolise l’archipel du soleil levant.


Le troisième, le jardin de thé occupe traditionnellement l’espace qui entoure le pavillon

réservé à la cérémonie du thé; à l’entrée, une vasque rituelle (tsukubai) permet de se

purifier les mains; à proximité un hydrangea serrata « Oamacha » a la particularité de

servir d’infusion à l’occasion de l’anniversaire de la naissance de Bouddha (le 8 avril).


Ce jardin est bercé par le chant d’une cascade.


La cascade alimente un ruisseau qu’enjambe un pont rouge. Du pont, une allée de

pierres de passage en « vol d’oie » conduit à une grande lanterne en granit.


Seule compte la beauté abstraite du milieu naturel, des plantes et des pierres.


« Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches
J’arrive tout humide encore de rosée
Que le vent du matin vient glacer à mon front… »
Empereur Kôkô, extraits de « Shin Kokin-Shû », I printemps-1, compilation 1201-1205

Le jardin des rêveries d’un soir d’été

Trois enclos au dessin géométrique très épuré sont traversés par une allée latérale.

Il dévoile des collections d’agapanthes, de crocosmias, d’échinacées et de pivoines

plantées à l’intérieur de petits coffres carrés.


Une sculpture “Le bouquet d’agapanthes” réalisée par deux artistes C. Mérose et

JL Le Cuff a été installée à l’entrée de ce jardin.


« Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir;
Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir;
Valse mélancolique et langoureux vertige! »
Charles Beaudelaire, Harmonie du soir.

La promenade s’achève par le jardin du soleil couchant, miroir de la façade nord

du château puis par le nouveau Jardin préhistorique qui évoque l’histoire des

végétaux depuis les origines du monde à nos jours.Je n’ai pas fait de photo du

jardin du soleil couchant car il n’avait rien de rare qui méritât de faire chauffer ma

carte. J’espère vous avoir donné envie de le visiter…Sur le retour, nous eûmes un souci.

Il y avait une course cycliste et le camion ne voulait plus repartir !!!Nous avons dû

nous y remettre à plusieurs fois et je n’étais pas rassurée. Les gens rouspétaient après

nous car il est difficile de se croiser entre deux voitures….

Les poèmes sont récupérés sur mon bloc-notes au fil du passage

dans le parc, les textes sur les arbres sont une compilation de

mes notes, du guide de visite, des commentaires de magazine

sur le jardin….


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