Au bureau, pour Ghislaine, un peu tard, mots en aire…


Le nouveau titulaire avait plutôt l’air débonnaire, ce qui nous changeait des caractériels et atrabilaires habituels. Il avait l’air un peu autoritaire, mais pas sec, de cette autorité naturelle de celui qui connaît bien son sujet. Une bonne recrue donc, un gestionnaire supplémentaire pour des dossiers en constante augmentation. Ce n’était pas pour me déplaire, car j’aimais particulièrement le calme pour traiter les affaires. Ce n’est pas qu’il y ait beaucoup de choses à faire, mais le nombre de gens qui passaient nous donnait à nous distraire de nos tâches par leurs demandes multiples et différentes. La charge augmentait car les effectifs des gens à gérer croissait de façon quasi exponentielle, et les bénéficiaires de nos services aussi par conséquent. Il y avait toujours des contestataires qui venaient avec leur bulletin de salaire pour réclamer des explications qui leur avaient déjà été données. On pouvait toujours remettre une couche complémentaire, mais on en était toujours au même point, et puis il fallait bien grogner contre l’administration, ces fonctionnaires qui n’avaient que ça à faire et qui étaient à leur service. Leur instinct grégaire les faisait, sans qu’ils en aient conscience, se comporter en bons moutons de Panurge…. On leur avait aussi expliqué que certaines parties du salaire étaient forfaitaires quelle que soit leur activité, mais ils avaient l’air de se complaire dans des comptes d’apothicaire, et aussi pour leur congés avec des demi-journées, des mélanges savants dosés entre les différentes catégories de ces derniers ce qui n’en facilitait pas la saisie. La plupart de ceux qui faisaient appel à nos services faisaient partie de la classe moyenne, mais dans les étudiants il y avait des aristos, qui, malgré tout avaient des envies égalitaires et ne voulaient pas se sentir lésés par rapport à leurs coreligionnaires. Mais ils pouvaient braire tant qu’ils voulaient, c’était pour tous pareil…Il fallait donc montrer un travail documentaire important pour les convaincre que nous avions fait tout ce qu’il fallait. Sans cesse il fallait défaire ce qui avait été fait, car ils ajoutaient, enlevaient et remettaient des jours pour avoir le compte prescrit. Et ils n’étaient qu’en début de leur carrière, même pas trentenaires, ce qui promettait pour la suite….Pourtant nous leur avions expliqué qu’il n’y avait rien d’arbitraire là-dedans, que nous ne faisions que respecter les consignes ministérielles. Certains, des quarantenaires, ou même des cinquantenaires,  démissionnaires, venaient cracher leur venin accumulé après des années de carrière compliquée parce qu’il leur était proposé un pont d’or ailleurs, mais l’hôpital, déjà déficitaire, ne pouvait pas renchérir, et, de toute façon, il fallait appliquer le Code de la Santé Publique qui prévoyait tout dans ces moindres détails. Nous étions obligés d’être scrupuleusement règlementaires. Surtout que maintenant des experts fiduciaires viendraient pour accréditer la compta de chaque service, ce qui mettaient nos cadres sur le grill, et c’était pour les collègues secrétaires  un véritable calvaire. Non que ce n’était pas bien fait, mais c’était agaçant d’expliquer tout à quelqu’un qui ne connaissait que les colonnes mais pas le pourquoi de celles-ci, pas plus que la spécificité d’une entreprise hospitalière. Pour eux l ‘aspect humanitaire était totalement secondaire et le portefeuille comptait par-dessus tout.Dieu merci, il n’y avait pas que des commentaires acerbes, certains disaient parfois merci une fois que des situations délicates trouvaient un heureux dénouement.Nous n’avions pas de thuriféraires pour nous complimenter, mais c’était quand même bien. Mais Dieu merci, malgré les restrictions budgétaires et une charge de travail croissante, il restait entre nous une ambiance relativement agréable. Même si nous étions moins solidaires entre nous qu‘autrefois… Les stagiaires attendaient d’être titulaires et ne faisaient pas trop de vagues, et les contractuels savaient que la porte pouvait s’ouvrir devant eux s’ils n’avaient plus le bonheur de plaire. Mais tous et toutes faisaient des exploits culinaires quand il s’agissait de célébrer qui anniversaires, qui mariages ou événements divers, ou même la Noël où nous avions un échange de cadeaux…

Désolée pour ce léger retard, mais mon texte était près et je n’avais pas eu le temps de le mettre en ligne.C’est un aperçu légèrement édulcoré de ma vie quotidienne au bureau…..Soucis familiaux graves.Je ne suis pas sûre de pouvoir faire le prochain car je risque d’aller à Grenoble pour voir ma mère. Elle vient de se casser le col du fémur, opération banale sauf pour elle qui est sous rayons pour son cancer du sein, je ne sais pas ce que cela peut donner, il nous faudra sûrement descendre.

Je ne comprends pas,tes articles n’apparaissent pas alors que je suis abonnée…..

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Publié 9 novembre 2012 par korriganebleue35 dans Ateliers divers, Mes poèmes...

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