Dimanche des rameaux….


La croix du chemin

– 1 –

Pareille au chêne de cent ans

La vieille croix de bois sur les moissons sommeille

Des soirs bleus à l’aube vermeille

Sous les neiges d’hiver dans les fleurs du printemps

Elle est là, dans les luzernières

De l’orage bravant les coups

Pour dire aux paysans: soyez bons, aimez-vous

Restez unis comme des frères

C’est la croix du chemin, rêveuse et solitaire

Avec ses bras tendus qui bénissent la terre

Debout devant l’horizon noir

C’est la croix du chemin sur la plaine en prière

Dans les rumeurs du vent et dans la paix du soir.

 

– 2 –

À travers le sol beauceron

Pas un arbre n’étend son feuillage immobile

Dans l’océan vert, c’est une île

Que l’on voit se dresser sur le grand horizon

L’alouette des champs s’y pose

Dans son ombre le vagabond

S’abrite du soleil en mangeant le pain rond

Qu’un filet de source arrose

C’est la croix du chemin, elle te parle, écoute,

Errant au ventre creux qui passe sur la route

Plante là ton bâton d’ormeau

C’est la croix du chemin, chemineau pâle, écoute,

Et salue en rêvant Jésus le chemineau.

 

– 3 –

Moi qui ne tremble devant rien

Incrédule, endurci, blasé par la souffrance,

Perdu parmi la plaine immense

J’ai dit: que fais-tu là, vieille croix du chemin ?

Sous la nuit étendant ses voiles

Tu te penches plus qu’il ne faut

C’est afin, dit la croix, qu’un de mes bras, là-haut,

Te montre encore les étoiles

C’est la croix du chemin qui parle au vent d’automne

À travers les rumeurs de l’angelus qui sonne

Quand tu regardes le ciel bleu

C’est la croix du chemin, dont la pitié pardonne

Toi qui ne crois à rien, tu crois peut-être à Dieu.

 

 

 

Interprète: Joseph Fournier de Belleval (1926).

J’ai pensé que ce petit poème était de circonstance. Nous avons donc eu la cérémonie des Rameaux

aujourd’hui ; nous allons à l’extérieur de la Cathédrale où il y a une énorme croix et nous avons lecture

par l’Archevêque du texte des Rameaux, puis bénédiction de ceux-ci. Puis nous allons en procession

dans la ville pour aller à la Cathédrale et poursuivre la messe.

Ci-dessus le « trait » qui précède l’Evangile

et qui dit :

« Pour nous le Christ s’est fait obéissant jusqu’à la mort et la mort sur la Croix.

Voilà pourquoi Dieu l’a élévé souverainement et lui a donné le Nom qui surpasse tout nom. »

On alterne ça avec d’autres phrases. Cela s’appelle un trait car normalement on doit avoir

suffisamment

d’air pour chanter tout d’une seule traite.   

 

%d blogueurs aiment cette page :