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Poésie


En ce moment j’ai quelques soucis de santé qui me tiennent loin du clavier ; je me suis cassée le haut de l’épaule et du coup je ne peux même pas faire du piano !! Je délègue une partie de l’intendance à mes filles et à mon chéri.

Cette année nous avons une nouvelle Chef de choeur dans la chorale symphonique, qui, tout en étant sympa nous fait bien travailler. Elle est très méticuleuse et nous fait répéter plusieurs fois si elle trouve que ce n’est pas comme elle veut. Voici le début du morceau, le Magnificat de John RUTTER.

Je vous joins aussi un petit poème inspiré par un lai de Christine de Pisan au XVI° Siècle. Je l’ai composé il y’a pas mal de temps, une dizaine d’années, maintenant je me forme au haïku, poèmes à la japonaise en trois vers qui doit avoir une métrique précise. Je l’ai colorié et scanné. Je l’ai agrandi un peu pour que les lettres soient plus visibles. Bonne lecture…

La fille qui n'a point d'ami.

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Publié 11 octobre 2015 par korriganebleue35 dans essais, Mes poèmes...

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Noël !!!


NEDELEG   LAOUEN !!!!!

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JOYEUX   NOEL!!!!

Un enfant est né de père inconnu
Et des millions d’hommes l’ont reconnu
Et l’ont adopté
Un enfant est né et soudain le cours
De son temps a pris un autre parcours
Et l’amour est né



Il aura suffi
A Jésus de naître
Pour que dans la nuit
Où marchaient les êtres
Sans but et sans maître
L’espoir prenne corps, l’espoir prenne vie
Un enfant est né
Et tout a changé
Pour les hommes de bonne volonté



Un enfant est né de père inconnu
Et des millions d’hommes l’ont reconnu
Et l’ont adopté
Un enfant est né messager des cieux
Pour léguer sa vie comme un don précieux
A l’humanité



Quand tout semble vain
Et nous semble vide
Que tout est chagrin
Que le cœur se ride
Sans lueur, sans guide
Jésus vient à nous et nous tend les mains



Et depuis déjà près de deux mille ans
Lorsque rien ne va au rythme du temps
Pour vous et pour moi renaît cet enfant
Chantons tous son avènement
Oui chantons tous son avènement

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La Source des femmes


Film français de Radu Mihaileanu avec Leïla Bekhti, Hafsia Herzi, Biyouna. (2 h 04.)

LA BANDE-ANNONCE

Le réalisateur français d’origine roumaine Radu Mihaileanu (Train de vie, Va, vis, deviens, Le Concert…) s’est fait une spécialité dans ses films d’évoquer le tragique du destin juif (face au nazisme, au conflit israélo-arabe ou au stalinisme) en l’enrobant de la dose suffisante de romanesque, d’humour et d’expédients fictionnels pour le rendre suffisamment désirable par le grand public. Cet exploit, qui n’est pas mince, le reconduira-t-il en changeant de paramètre socio-culturel, et en dédiant, avec La Source des femmes, ce conte oriental édifiant à la cause du féminisme arabe et de la tolérance universelle ?

Celle-ci, inspirée de la comédie antique Lysistrata d’Aristophane (une femme appelle à la grève du sexe pour faire cesser la guerre entre Athènes et Sparte), oppose les femmes d’un village aux hommes qui leur imposent d’aller puiser, chaque jour, de l’eau à une source située sur une montagne environnante.

Eau de la vie, ode à la vie

Dans la touffeur d’un pays musulman, des femmes usent leur santé, porteuses d’eau gravissant et descendant la montagne, pour la grande satisfaction des hommes, assis sur leurs privilèges.Un petit village d’Afrique du nord. Qu’importe son nom, qu’importe même le pays. C’est par ce genre de non détail qu’on universalise un propos. Un village comme on suppose qu’il en existe des dizaines. Depuis la nuit des temps, les femmes ont la charge d’aller chercher à des kilomètres l’eau à la source. Sentiers accidentés, crevasses, accidents. Fausse couche. Lasses que la mort soit au rendez-vous de la vie autant que de voir les hommes siroter pendant qu’elles marnent, les femmes vont se rebeller. En douceur. Pacifiquement. Un jour, l’une d’entre elle, Leïla, appelle à la rébellion et propose aux femmes du village de faire En déclarant une drôle de guerre : soit les hommes s’activent, soit ils seront privés d’amour…

Elle est soutenue par une vieille dure à cuire qui n’a pas la langue dans sa poche. Des clans se dessinent entre gardiennes des valeurs ancestrales et désireuses de balancer un grand coup de pied dans les traditions…

Elles sont soutenues par le mari de Leïla, un instituteur, et un ex-amoureux, journaliste, par le biais duquel la délivrance viendra aux femmes sous la forme d’une dénonciation publique qui conduira les autorités à installer l’eau courante au village.

Vieux Fusil est un personnage extraordinaire.

Souvent, les femmes d’âge mûr, dans les villages, acquièrent une notoriété considérable et, lorsqu’elles deviennent veuves, n’ont plus personne chez elles pour les dominer. Et le « Vieux Fusil » que nous avons rencontré accompagnait les événements marquants du village par des chants qui stigmatisaient les travers des hommes de manière métaphorique. Elle incarnait une sorte de « juge de paix » : il lui était arrivé de dénoncer des hommes infidèles ou qui battaient leurs femmes. On s’est donc dit que Leila, seule, ne pourrait pas obtenir satisfaction et qu’il lui fallait un appui pour l’épauler.

L’eau est aussi la métaphore de l’amour.

Dans certains chants arabes traditionnels, on dit que l’homme doit « arroser » la femme, comme si la femme était une fleur. Ou une terre fertile. Et les femmes demandent aux hommes de ne pas oublier de les arroser – autrement dit, de ne pas les négliger et de continuer à les regarder. Etant donné que l’homme n’apporte pas l’eau au village, il ne peut plus les arroser. La sécheresse qui frappe le village est donc une métaphore du cœur qui se tarit. 

La culture et l’éducation sont très présentes, comme facteurs d’émancipation.

De plus en plus de femmes, dans des pays comme le Maroc, la Tunisie, et le Liban, apprennent à lire et à écrire. Mais il reste un tabou évoqué dans le film : c’est le droit de la femme de lire le Coran et de donner son avis sur les sourates qui sont délibérément sujets à l’interprétation. Et pourtant, il est écrit dans le Coran que « l’être humain doit s’élever par le savoir », ce qui englobe les hommes et les femmes. Du coup, dans le film, Leila pose la question : qui refuse que la femme s’élève par le savoir ? Cette révolution de l’émancipation des femmes par la connaissance reste en grande partie à faire.

Les lieux ont leur identité : le hammam, l’oued et la petite pièce où l’on se réfugie pour lire et écrire des lettres d’amour…

Dans ce type de communauté, les femmes se retrouvent dans des lieux où elles peuvent se parler, à l’écart de l’écoute des hommes. C’est là qu’elles s’avouent beaucoup de choses et plaisantent entre elles. Ce sont des lieux fortement identifiés : le hammam où les hommes n’ont pas le droit d’entrer tant qu’elles y sont, l’oued où les femmes lavent le linge et d’autres espaces individualisés où elles se retranchent, par exemple, pour lire en cachette. On a donc créé ce lieu secret où on lit des livres et où on écrit des lettres. Et c’est aussi là que Leila dit à Esméralda qu’elle doit absolument apprendre à lire et écrire : c’est sans doute ce qui pourra la libérer. 

Ce sont à nouveau les thématiques de l’exil, de l’identité qui ont conduit l’auteur de Train de vie et Vas, vis, deviens, cette fois vers les rocailleux paysages de l’Atlas, loin de ses origines. Ce qui lui permet d’opérer une certaine objectivité dans son propos. Et aussi une certaine légèreté. Jouant à fond cet atout de la drôlerie pour évoquer les souffrances et interrogations des femmes musulmanes, ce cinéma repose sur un schéma bien rodé : un film choral où la lumière inonde chaque plan, où la musique joue un personnage à part entière et où les comédiennes irradient l’écran.

Un chef op’ très inspiré

Le pari est réussi. La Source des femmes est baigné d’une formidable ferveur. Le récit, étalé sur plus de deux heures, ne laisse aucun temps mort. Le scénario, extrêmement bien ficelé, réserve son lot de surprises, décortiquant, tel un entomologiste, les péripéties qui jalonnent le récit. On retiendra en particulier l’utilisation inattendue du voile intégral (à ne pas dévoiler…) mais aussi les implicites conséquences des agissements de ces femmes, véritable constat social d’une criante vérité (le droit à la culture, les abus sexuels, etc.). Ainsi, à travers l’exemple de ces femmes-là, le cinéaste se fait le porte-parole de toutes les suppliciées des traditions. Et si la source du titre est évidemment porteuse de vie, elle s’avère aussi la splendide métaphore de ce qu’incarnent ces femmes : le renouveau coulant sans cesse, l’enfantement d’un futur plus brillant, aussi vital que cette eau.

Le cinéaste, dont l’esthétisme léché d’une belle image a souvent constitué un réel point à atteindre, a fait appel à Glynn Speeckaert pour la photo. Le travail remarquable de ce magicien de la lumière et de l’image (nommé aux Césars en 2010 pour A l’origine) rend à ces femmes toute leur beauté et magnifie sans cesse le décor aride où elles évoluent. Ce soin à l’image va contribuer aussi à ancrer ce beau film dans l’optimisme dont il est sans cesse porteur. Sans pathos, sans manichéisme, le cinéaste, superbement soutenu par tous (et toutes !) ses interprètes, réussit l’alliance du film féminin mais pas féministe, où la revendication ne se fait pas frontalement mais à travers le prisme de l’humour, de la dérision parfois. Avec des numéros de danse qui ne sombrent jamais dans le folklore mais se parent de charge revendicatrice. Avec des chants, tenants d’une culture ancestrale qui, elle, se doit de perdurer.

Extrait d’une interview du Réalisateur :

« La langue a une musicalité extraordinaire.

J’ai toujours aimé la sensualité de la langue arabe. Nous avons tourné en darija, le dialectal marocain d’une très belle musicalité. Dans la tradition orientale, on ne dit pas les choses frontalement : il ne faut jamais humilier l’autre pour qu’il n’y ait pas de vaincu. Du coup, beaucoup d’échanges se font par le chant, la poésie et la danse. Je voulais donc que certaines choses soient exprimées à travers le chant et la danse des femmes. Il fallait que le chant et la danse soient lumineux, joyeux, même si les propos, souvent métaphoriques, étaient assassins. Dans un premier temps, j’ai donc dû écouter très attentivement la langue, comme je l’avais fait avec le russe dans Le Concert, ou l’amharique et l’hébreu pour Va, vis et deviens, et j’ai aussi dû capter les intonations et les accents sur les phrases. Par la suite, j’ai mis en place des séances de coaching pendant trois mois pour les acteurs qui ne parlaient pas le darija, afin que leur phrasé ait la même mélodie et le même rythme que les Marocains. Les comédiens ont tellement bien travaillé qu’on n’a presque rien eu à corriger en postsynchronisation.

Comment arriviez-vous à les diriger sans comprendre la langue ?

Pour la première fois de ma vie, j’ai tourné intégralement dans une langue étrangère que je ne connaissais pas avec la majorité des acteurs principaux qui ne parlaient pas la langue du film non plus ! Mais il m’arrivait même de corriger les acteurs marocains sur leur intonation : ils étaient souvent surpris car je ne me trompais pas ! En fait, j’ai fini par m’approprier la mélodie du darija, ce qui m’a beaucoup servi pour régler les chants qui devaient avoir une dimension tragicomique.

Comment avez-vous orchestré les séquences musicales ?

J’ai commencé par assister à des fêtes, des mariages et des naissances que j’ai filmés, et j’ai aussi visionné des documentaires sur ces chants et danses traditionnels. On s’est beaucoup inspirés de la réalité. Par la suite, j’ai moi-même écrit les textes des chansons, en m’inspirant de poèmes arabes et berbères pour me mettre en tête la métrique de cette poésie et en comprendre les métaphores. Car, encore une fois, on ne s’exprime pas frontalement dans cette langue, mais toujours de manière détournée et suggestive.

Le film a des résonances étonnantes avec les révolutions actuelles qui secouent le monde arabe.

Suite à plusieurs voyages dans des pays du Maghreb, j’avais remarqué que les femmes avaient de plus en plus accès à l’éducation et que donc, forcément, elles seraient amenées à occuper des postes administratifs et à responsabilité dans des entreprises. Du coup, progressivement, grâce à leurs diplômes, les femmes commenceraient à avoir une place prépondérante dans l’élite des sociétés arabes. Par ailleurs, en lisant des livres sur le dialogue entre modernité technologique et civilisation arabe, il me semblait inévitable qu’à un moment donné les femmes revendiquent de plus en plus de droits et l’assouplissement de leur condition. Ce qui n’est en rien contradictoire avec les préceptes du Coran. Je me disais donc que lorsque les révolutions arabes se produiraient – ce qui était inévitable à court ou moyen terme – elles ne pourraient pas advenir sans la participation des femmes. Car le moment est sans doute venu pour que les femmes mènent de vraies révolutions, non violentes, puisque l’homme n’est plus capable de non violence et de cette lucidité-là. En travaillant sur ce film, c’est le pari que j’ai fait. Aujourd’hui, je suis avec beaucoup d’intérêt ces formidables révolutions du « printemps arabe », mais il faut se poser la question de savoir quelles révolutions impliquent les femmes, et quelles révolutions ne les impliquent pas : ces révolutions vont-elles jusqu’à l’intimité – la sphère domestique – et jusqu’à l’école –la sphère éducative ? Lorsque ces deux révolutions seront accomplies – à la maison et sur les bancs de l’école –, on aboutira à la véritable égalité démocratique entre hommes et femmes. Et à une vraie chance pour la démocratie. C’est en tout cas ce qui se passe en Tunisie et qui est très porteur d’espoir. »

Tourné dans le décor unique d’un village rattaché à nul pays (pour concerner tout le monde et ne froisser personne), le film fait monter le débat sur les libertés comme une mayonnaise. Il s’agit de tout dire, de tout expliquer. Il y a là, certes, une générosité presque maternelle – le réalisateur se place résolument du côté des femmes. Mais, en même temps, on se dit que cela reste une belle histoire et que beaucoup de chemin reste à faire…Jai vraiment adoré,je n’ai pas vu le temps passer…

Publié 11 décembre 2011 par korriganebleue35 dans Divertissement, Films, concerts

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