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Mon anniversaire


Hier j’ai fêté mes 60 printemps avec des amis. et des anciennes collègues. Je leur avais préparé de la cuisine orientale, au menu il y avait :

  • Un ti punch à l’apéro de ma copine antillaise

  • du foie gras, arrosé avec du loupiac, c’est liquoreux comme le Sauternes mais c’est moins cher

  • du columbo de poulet que m’a apporté mon ami antillaise,

  • du tajine d’agneau aux abricots, gingembre et miel avec de la semoule de couscous épicée, cuit dans un diable en terre cuite au four pendant deux heures, avec du cabernet d’Anjou pour boire.

  • du fromage pour ceux qui voulaient

  • de la salade verte

  • une glace au lokum à la grenade, pistache et nougat, aromatisée à l’eau de rose. 

Nous avons ensuite, ma professeur de piano et moi fait un petit concert. Elle m’a accompagné pendant que je chantais ce que vous avez au dessus, après nous avoir joué le claire de lune de Debussy : 

 

Puis j’ai joué une pièce de Satie , la Gymnopédie N°1, ainsi que le sérénade de Schubert. Nous avions fini de dîner vers minuit. Tous avaient l’air très contents, comme on a pas souvent l’occasion de se parler c’était bien. J’étais sur un petit nuage et le retour sur terre demain sera difficile. Les chats et leur postures acadabrantesques étaient les vedettes de la soirée, tous les trouvaient beaux. Tous ont demandé mes recettes que j’ai scanné et envoyé par mail. J’ai eu plein de cadeaux  

  • des places pour aller voir casse-noisette à l’opéra avec mes filles ;

  • Une carte cadeau de 60€ à dépenser dans plusieurs magasins,

  • des macarons qui sont mon péché mignon.Ci-dessous les morceaux que j’ai joué.

Voici le deuxième morceau , mais je ne le joue pas aussi bien que lui…

 

 

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Bientôt les vacances….


Je n’avais pas écrit depuis longtemps car j’ai des journées très chargées.

J’ai eu un nouvel enregistrement des apnées du sommeil. La situation s’améliore, avec douze kilos en moins, je n’en fais plus que 19 par heure au lieu de 22. Il faut que je maigrisse encore. Je dors quand même très mal la nuit, ils m’ont donné des cachets mais ce n’est que temporaire car cela peut augmenter les apnées.Ce qui ne m’empêche pas de me réveiller la nuit pendant des fois une heure et je fais du piano avec mon casque, mais le médecin du sommeil m’a dit qu’il valait mieux lire ou colorier. Une fois je me suis levée et ai commencé à me préparer, et je trouvais que c’était drôlement calme par rapport à l’habitude. Je regardais ou plutôt j’entendais  mon horloge avec un carillon Westminster sonner 4 heures. Je me suis donc recouchée mais dans la salle pour ne pas déranger mon chéri qui dormait comme un bébé….

J’ai enfin réintégré mon bureau, j’en ai un vrai, avec un caisson qui ferme à clé pour mettre mon sac à main. Mais il me faut toujours l’escabeau pour aller en haut du placard chercher des dossiers. Une partie de mon travail a été confiée à une personne qui vient en renfort sur plusieurs domaines car nous allons être inspectés, alors il faut faire bonne figure. Ainsi j’ai reçu le trieur avec les lettres de l’alphabet que j’avais demandé depuis longtemps, des dossiers pour remplacer ceux qui sont abîmés. J’ai encore environ 1000 feuilles à classer, mon retard est presque résorbé.

Cette semaine nous avons accueilli la chorale hongroise que nous avions vu à Budapest l’an dernier. Mon appartement étant trop petit pour loger la mère et sa fille, la choriste qui l’hébergeait a accepté que lundi soir elles dînent avec moi. Nous avons eu un concert à 18 heures dans le kiosque à musique du parc du Thabor (notre chorale porte ce nom),les hongrois ont chanté puis nous avons chanté un morceau en commun. Vous avez la musique en dessous, avec le vieux Budapest..

Après le concert, nous avons été reçus par la mairie et le consul de Hongrie pour la Bretagne. Je leur ai fait de la cuisine, des coquilles Saint Jacques sur fondue de poireaux, plateau de fromages et crumble aux fruits rouges pour le dessert. J’ai reçu en cadeau une bouteille de vin de Hongrie et un porte-clés. Je leur ai joué un morceau de piano, mais pas trop longtemps car c’était le moment des actualités régionales et il ne faut pas contrarier les fâcheux. 

Mardi concert dans l’ancienne abbaye de Léhon, à côté de DINAN, nous avons commencé par la Chorale du Thabor, puis la chorale hongroise (Vass Lajos Chorus), puis nous avons chanté les deux chorales ensemble. En Bis nous avons chanté un chant hongrois, celui que vous avez vu ci-dessus. Nous faisions un ensemble de cent choristes. Nous étions accompagnés par notre pianiste. Le concert a eu lieu de 20 heures à 21 H 30. Puis nous avons organisé avec les choristes du Thabor un buffet dînatoire. Chacun avait apporté un plat pour 6 personnes, le bureau de la Chorale avait payé les boissons. Après il fallait rentrer, une bonne heure de voiture, la nuit commençait à tomber et j’angoissais un peu car mon chéri est épileptique et il doit éviter de conduire la nuit. Dieu merci nous avions de la quatre voies et cela s’est bien passé.

Le clou c’était hier, nous avons fêté l’anniversaire de ma mère, 82 ans. J’ai vu certaines personnes qui m’ont connue à l’âge de 9 ans, et que je n’avais pas revu depuis bien longtemps. Nous étions trente cinq à table. Puis nous sommes partis avec mon chéri puisque je travaillais ce jeudi. Nous nous sommes arrêtés devant le cimetière pour voir la tombe de mon frère. 

La série noire continue, hier ma demi-soeur m’a contacté car son frère a été retrouvé mort dans l’après-midi. Insuffisant respiratoire de longue date, la canicule ne l’a pas arrangé. Le plus dur était de me mettre au boulot aujourd’hui, j’étais fatiguée et j’ai eu des coups de barre. Voilà le programme de ces derniers jours, les hongrois sont repartis…

Publié 9 juillet 2015 par korriganebleue35 dans Musique

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La Hongrie, suite….


Les rues du vieux Buda

Ci-dessus les rues du vieux Buda. Partout il est dit que Budapest est « la perle du Danube ». Strauss dans sa valse dit qu’il est bleu, mais cela ne doit être qu’à Vienne car il était boueux et avec des forts courants, si tu y tombes il vaut mieux savoir bien nager….On est surpris de voir l’architecture et les immeubles marqués par l’histoire. Des impacts de balles et de mortier de la guerre sont là pour que l’on n’oublie pas. Les murs de certains immeubles sont noircis par la fumée et la pollution. Il y a des immeubles très beaux, certains avec des mosaïques sur leur façade. Il faut marcher dans la ville pour sentir l’atmosphère et se perdre dans les petites rues pour échapper aux artères où circulent bus, tramways…Il faut être sûr de soi ; nous regardions la carte près d’un passage clouté cherchant notre chemin, et l’on nous a klaxonné pour nous dire de traverser, mais nous cherchions toujours. . 

Dans le quartier Juif beaucoup de maisons sont à moitié en ruine. Certains sont en réparation par des boîtes privées. Il est parfois difficile de faire des photos car il y a des fils partout, pour les tramways, les trolleybus. Il y a des bus qui datent de l’époque soviétique et qui sont mal réglés, d’où la pollution.

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Le samedi matin nous avons visité avec une des choristes la vieille ville avec les lieux symboliques de Budapest. Nous avons commencé par le palais royal et l’église Matthias avec ses tuiles vernissées.(A gauche).Le bastion des pêcheurs tout autour en dentelle de pierre, dans une des tours il y a un café où un violon tzigane essaie de jouer quelque mélodie pour séduire le passant.Nous avons vu de l’extérieur le palais présidentiel avec la relève de la garde avec des pas dignes de l’union soviétique avec le boucan (fanfare de cuivres et grosses caisses) qui va avec. Puis nous avons pris un café dans le salon du musée national. Et fait une escale technique payante même si l’on consomme.

terrol kHalazbastyia Statue du roi St Steven 

Parlement de Budapest

Nous avons quitté le groupe avec une partie des choristes pour voir certaines choses. Nous avons vu le parlement de l’extérieur car il y a des quotas pour la visite et il y a peu de guides qui parlent français. Il ressemble à un édifice anglais, vous l’aviez remarqué…..Le clou de la visite est la Basilique Saint Etienne, le premier roi de Hongrie qui a évangélisé le pays à la hache.(Statue ci-contre).

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L’église est dans un climat obscur, et pour voir les tableaux il faut mettre une pièce pour que cela s’éclaire. La décoration est un peu oppressante, pur rococo, le moment le plus agréable est la chapelle de la Sainte Dextre, qui serait la main droite de Saint Etienne, qui est dans une châsse et bien gardée. Il faut mettre une pièce pour l’éclairer.

Café_Gerbeaud_Budapest P1070040

Nous sommes ensuite allés au café Gerbeaud

pour déjeuner, où les gourmandises sont à aller en enfer.Il y a tellement de choix qu’il est difficile. Ci-dessous mon choix, une génoise avec de la crème pâtissière parfumée au Tokay, avec du chocolat noir et de la crème chantilly. Bon pour le plaisir mais pas pour la ligne….Le décor est grandiose, on se croirait à Versailles.

En reprenant notre marche nous voyons des tas de choses, même des Hare Krishna avec leur tenue si particulière et de l’encens très fort qui montait à la gorge, et un peu plus loin les témoin de Jéhovah…Nous avons ensuite marché dans la ville pour aller vers l’église où la chorale hongroise donnait concert, dirigé par un jeune chef de 22 ans. Il y avait la chorale accompagnée d’un orchestre. La chorale chantait sans partition et était bien positionnée, cela faisait un bel ensemble. Après je suis rentrée avec notre

hôtesse car j’étais exténuée, l’autre choriste est allée avec les autres boire un coup en ville, et comme il fallait chanter le lendemain je préférais préserver ma voix.  

Désolée pour les sauts de ligne, ce n’est pas facile avec les images…. 

Verdi au programme……


Un choeur extrait de l’opéra  Nabucco de Verdi qui n’est pas aussi connu que celui des esclaves que nous chanterons aussi, mais nous, contrairement à la vidéo de You Tube que vous voyez ici où ils chantent accompagnés par le piano ce sera avec orchestre symphonique…Nous aurons une basse vraiment très timbrée et ce sera du plus bel effet. Nous avons plusieurs nouvelles recrues dans la chorale symphonique, nous sommes donc une centaine, et nous nous répartissons maintenant en six pupitres (deux de soprano, d’alto, de ténors et basses ). Nous avons donc accès à un répertoire plus pointu puisque nous sommes plus nombreux, et plus difficile puisqu’il y a de nombreux lecteurs de musique . Pour avancer plus rapidement nous avons maintenant un chef par pupitre, qui est chargé de faire répéter une heure avant la répétition chaque pupitre. Une semaine les alti, l’autre les ténors, l’autre les basses. Nous venons à 19 heures, nous chantons une heure en pupitre, puis nous faisons une pause dîner sandwich une demi-heure, puis répétition chorale entière avec notre pianiste accompagnatrice qui est une professionnelle est professeur de piano, et donne aussi quelques concerts. Chaque pupitre a son chef qui est du pupitre en question et il est ainsi possible de faire du travail de fond, et puis le chef de pupitre peut nous montrer et nous faire chanter trois par trois pour nous assurer..Nous aurons un week-end entier de travail au mois de novembre, de la technique vocale avec une personne de l’opéra, six concerts sont prévus cette année….Plusieurs airs de Verdi sont prévus en sus du Stabat Mater de Rossini. Nous donnons vraiment dans le bel canto. 

Publié 21 septembre 2013 par korriganebleue35 dans Musique

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C’est l’Ascension !!!!


CPE Bach (1714-1788) – Die Auferstehung und Himmelfart Jesu – Chorus final Gott fahret auf mit Jauchzen

Nous voici donc à l’Ascension, qui est la montée aux cieux de Jésus 40 jours après Pâques, et pas seulement un pont avec le 8 mai comme cette année…Fête mobile donc, puisque déterminée par rapport à Pâques. Souvent dans nos paroisses a lieu ce jour les communions solennelles ou les premières communions des enfants…

Ci-dessus un extrait de l’Oratorio de Carl Philip Emmanuel Bach que nous avons chanté en Allemagne pour l’Ascension il y a deux ans. Ceci est le choeur final. Le texte dit : « Le Seigneur est roi, il s’élève au ciel parmi les acclamations et les chants de joie ». La difficulté est dans les vocalises et dans le fait que ce soit parfois un peu perché dans le registre pour nous les sopranos, mais comme il s’élève au ciel c’est un passage obligé. Surtout dans l’alleluia final.

Tout le monde qui nous a écouté hier était contant de ce que nous avons chanté, il n’y avait pas un bruit. Le temps de rentrer à la maison il était une heure du matin, cette première nuit des Cathédrales était vraiment réussie. J’ai trouvé une bonne âme pour me ramener chez moi car j’habite un quartier mal fréquenté.

Aujourd’hui ma fille n’est pas là, mon chéri est à son atelier, du coup j’ai fait un peu d’intendance et classé des papiers, mais j’en ai vite assez.Le temps est gris et froid, cela se voit que ce sont les saints de glace, j’avais fait une série de billets sur le sujet que je vous invite à regarder, vous serez incollables sur le sujet..

http://wp.me/p19Vi2-B 

http://wp.me/p19Vi2-z 

http://wp.me/p19Vi2-A  

In memoriam….


Messe des défunts en chant Grégorien : 6iéme mode
Requiem Aeternam (introit)
Kyrié Eleison
Sanctus
Agnus DEI
Lux aeterna ( Antienne de communion)
Requiem aeternam (Graduel)

 

Ci-dessus l’office grégorien des funérailles. Elle était une sage, certains la disaient Sainte. Attentive à tous, grillon du foyer,

personne n’échappait à son regard vif qui voyait tout, aussi perçant que celui d’un hibou.

Je chanterai donc mardi sa messe de Requiem, elle qui s’est éteinte après une vallée de larmes à 92 ans. Sans oublier

de chanter le cantique du paradis. C’était ma belle-mère, qui n’a jamais voulu que je l’appelle « belle-maman »,

seulement par son prénom. D’aucuns se perdraient dans de la littérature et des panégyriques de roi, mais ceci serait

pour moi superfétatoire car de là-haut elle veille et je sais qu’elle aimait la simplicité. Telle un papillon elle s’envolera

donc vers ce ciel qui lui était cher, à tel point que certains lui disaient, mi-amusés, mi -rieurs : « toi qui as un ticket

avec le père Bon Dieu, tu voudrais pas….? »Que Dieu le garde dans la paix éternelle, elle qui la cherchait, depuis que

son mari avait tracé le sillon ce début d’année…

Nous appréhendons tous la mort. La mort n’est qu’un passage obligé pour accéder à un autre monde,

intemporel, non accessible à notre entendement humain, ce n’est que lorsque nous sommes débarrassés

de notre enveloppe charnelle que nous pouvons accéder au mystère divin… Mais le sage l’attend comme

une délivrance, une transcendance d’une vie vers une autre, dont le mystère nous accapare de ne

pas savoir; car le savoir délivre.

De toute façon, la mort finit par nous sourire et je la trouve personnellement

juste car tous sont égaux devant elle. Ce qui est, c’est de quelle façon dont nous allons à sa rencontre

et là, personne ne le sait.

Le Hibou est l’aigle de la nuit . Il voit ce que l’on ne voit pas et représente la sagesse. La mort est en

soi cette vie qui nous effraie qu’on arrive pas à percevoir.

Le plus grand baryton au pays des anges….



Avec Dietrich Fischer-Dieskau disparaît une voix unique qui a marqué le répertoire

classique du XXe siècle.Si tant est qu’il fût un paradis pour les chanteurs, c’est là qu’il

se trouve….Lui qui n’avait pas besoin de faire de « Grimaces et singeries » pour mettre

la musique en valeur, il était un canal tout simplement composé par la mélodie et le texte

qu’il avait profondément intériorisé. Il lisait la partition, mais entre ses lignes, comme

si le compositeur s’était adressé à lui pendant son sommeil pour lui dire ce qu’il voulait.

Le privilège des plus grands. Une fois que l’on a écouté Schubert ou Schumann avec lui,

les autres semblent pâles…

Ce qui était unique, chez le baryton Dietrich Fischer-Dieskau, qui vient de mourir

le 18 mai à 87 ans, ce n’était pas son immense répertoire (du XVIIe siècle aux

compositeurs d’aujourd’hui), ni sa brillante technique (notamment sa voix mixte,

c’est-à-dire ce mélange de voix de tête et de voix de gorge, qu’il avait cultivé avec

un art consommé), ni même ce timbre soyeux qui le faisait identifier immédiatement,

non : ce qui était unique, c’est qu’il était un chanteur intelligent. Il ne vendait pas sa

voix, mais un texte et une musique, qu’il avait compris jusque dans les plus infimes

détails, dans les profondeurs les plus inexplorées, les allusions les plus fines.

Il savait où il devait aller, comme un tragédien qui sait dans la scène

d’exposition ce que sera le dernier vers de la pièce. Le chef d’orchestre

Emmanuel Krivine, qui avoue tout devoir au grand baryton allemand,

dit en souriant : « Contrairement aux apparences, la musique se lit de

droite à gauche… » Comme on l’imagine, de tels lecteurs ne sont pas

légion le monde lyrique.

Dietrich Fischer-Dieskau, né Albert Dietrich Fischer von Dieskau à Berlin le 28 

mai 1925 et mort le 18 mai 2012 à Berg en Bavière1, est un baryton allemand,

également chef d’orchestre et musicologue.

Cet artiste lyrique du XXe siècle demeure l’un des plus grands interprètes de la

musique vocale. Sa carrière fut impressionnante entre toutes par sa durée, par

la quantité des œuvres enregistrées, et enfin par la qualité et la diversité des

répertoires abordés.

Fils d’Albert Fischer, pasteur et proviseur, le jeune berlinois est très tôt fasciné

par les textes poétiques de Goethe et Schiller qu’il déclame dans la cour de l’école.

Il vient dès l’âge de neuf ans à l’étude de la musique, par l’entremise de sa mère,

l’institutrice Dora von Dieskau, qui l’emmène aux concerts.

Ses capacités vocales naturelles l’amènent à développer un registre de baryton lyrique

capable des nuances les plus douces, malgré une attirance première pour les rôles de

Heldentenor (ténor héroïque). Il donne son premier concert avec le Voyage d’hiver (Winterreise),

cycle de lieder de Franz Schubert, sous le bombardement de 1942 qui dévaste Berlin. La

mezzo-soprano Christa Ludwig raconte que : « Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale,

le public allait aux récitals de Fischer-Dieskau pour prier et pleurer. »

Même s’il a chanté quelques airs d’opéra, sa carrière prend son essor lorqu’il

rencontre le chef d’orchestre Wilhelm Furtwängler en 1950 lors du festival de

Salzbourg :Furtwängler l’auditionne, il est subjugué par le jeune baryton. Ils

donnent ensemble, durant le festival de Salzbourg de 1951, les

Lieder eines fahrenden Gesellen (« Chants d’un compagnon errant ») de

Gustav Mahler.Le lied deviendra alors sa spécialité, qu’il chantait en faisant

passer  beaucoup d’émotion.

Dietrich Fischer-Dieskau connaissait plus de 1 500 lieder (par cœur, s’entend,

il chantait sans partition au concert…)— de Brahms, Schubert,

Schumann, Hugo Wolf, Gustav Mahler — et a chanté sous la direction des plus grands

chefs de son temps : Wilhelm Furtwängler, Ferenc Fricsay, Herbert von Karajan,

Otto Klemperer, Karl Böhm, Rudolf Kempe, Eugen Jochum, Georg Solti, George Szell,

Rafael Kubelik, Karl Richter, Leonard Bernstein. Il fut accompagné des pianistes

Wolfgang Sawallisch (qui l’a ensuite dirigé), Sviatoslav Richter, Alfred Brendel,

Murray Perahia ou Herta Klust. La plus longue collaboration fut avec l’anglais

Gerald Moore.(qui accompagna aussi Elisabeth Schwarzkopf). Tardivement, le jeune

Hartmut Höll lui permit de revisiter les répertoires qui firent sa notoriété et

d’explorer les œuvres de compositeurs plus confidentiels mais non moins

importants.

L’histoire de la musique enregistrée du XXe siècle a retenu son apport encyclopédique dans

le domaine du lied. Au sommet de sa carrière, il enregistra pour la Deutsche Grammophon

en 1968 l’intégrale des 600 lieder de Schubert. Puis ceux de Wolf, de Schumann, de Brahms,

de Liszt, avec un souci documentariste.

Professeur d’interprétation musicale à la Hochschule der Künste (« École supérieure

des arts ») de Berlin depuis 1983, il met fin à sa carrière de chanteur en décembre

1992, pour se consacrer à la direction d’orchestre et à la peinture.

Dietrich Fischer-Dieskau a proposé des interprétations marquantes, non seulement en

raison de son timbre vocal, reconnaissable entre tous, ou de son phrasé, ciselé quelle

que soit la langue chantée, mais surtout en raison de la clarté de sa lecture interprétative,

qu’il mettait toujours au service du compositeur et de la musique.Dans ses master-classes

il insistait beaucoup sur le contexte de composition, le poème…

 «L’important est de découvrir la musique à travers les musiciens, et non les musiciens

à travers la musique. »

« Le récital de Lieder procure des bonheurs uniques. Il vous oblige à plonger au cœur de

la poésie, à situer les textes dans un bain culturel, beaucoup plus intensément que dans

un opéra, soumis au metteur en scène… Avec les Lieder, vous restez votre propre

musicologue, chef, metteur-en-scène. Dans le cours d’un récital, vous devez quelquefois

incarner une vingtaine de personnages à la suite ; les habiter d’entrée de jeu. Pour

aborder l’opéra, l’interprète de Lieder disposera donc d’une vaste palette de nuances.

En retour, l’opéra forge la résistance physique par la maîtrise des fortissimo, qui

enrichissent son fonds de commerce. »

Un chanteur non pas viril, mais masculin

Cette intelligence aiguë – multipliée par ce don du ciel qui s’appelle une belle voix – a

donc réalisé des prodiges ; et ces prodiges l’ont rendu fort : il était un des rares exemples,

avec Fritz Wunderlich et quelques autres, à être un chanteur non pas viril, mais masculin.

Puissant, et non capricieux, naturellement meneur, et non pas despotique, c’est-à-dire

exigeant, impérieux – même avec Sviatoslav Richter, qui n’était pas précisément un

mollasson.

Ensemble, ils ont laissé un enregistrement de concert (récital Schubert, Salzbourg,

1977, publié par Orfeo), qui reste un des plus beaux disques de chant jamais réalisés.

Il avait écrit des livres, de vrais livres (sur Schumann, Schubert, Wagner et Nietzsche).

Il peignait aussi, moins bien que Schoenberg, mais quand même. Il lisait, il savait.

C’était un homme, un vrai…

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